Bas Moyen Âge 1328 – 1492
37 batailles de l'époque

Caractéristiques de l'époque

Guerre de Cent Ans
Épopée de Jeanne d'Arc
Crise de la féodalité
Émergence de l'État moderne

Figures emblématiques

Jd
Jeanne d'Arc
CV
Charles VII
DG
Du Guesclin

Les Batailles de l'époque

Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille navale des Formigues

1285-09-04
Îles Formigues, mer Méditerranée, au large de la Catalogne
Commandant français Jean de Grailly (commandant français de la flotte)
VS
Adversaire Roger de Lauria, amiral de Pierre III d’Aragon

Le 4 septembre 1285, la flotte aragonaise de Roger de Lauria, amiral de Pierre III d'Aragon, inflige une défaite écrasante à la flotte française commandée par Jean de Grailly au large des îles Formigues, près de la côte catalane. La bataille se déroule de nuit, exploitant l'effet de surprise et la supériorité tactique des marins aragonais. La flotte française, composée d'environ 40 galères, est surprise alors qu'elle croise au large pour sécuriser les approvisionnements de l'armée terrestre française en Catalogne. Roger de Lauria, avec environ 30 galères mais des équipages aguerris, utilise des tactiques d'encerclement et d'abordage qui provoquent la panique dans les rangs français. Plusieurs navires français sont coulés ou capturés, et Jean de Grailly est fait prisonnier. Cette défaite navale prive l'armée française de ses approvisionnements maritimes et contribue directement à l'échec de la croisade d'Aragon.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille du Col de Panissars

1285-10-01
Col de Panissars, Pyrénées, près du Perthus
Commandant français Philippe III le Hardi (malade), commandement effectif : Charles de Valois
VS
Adversaire Roger de Lauria (forces aragonaises), troupes catalanes

Le 1er octobre 1285, l'armée française en retraite depuis la Catalogne est anéantie dans une embuscade au col de Panissars, passage stratégique des Pyrénées près du Perthus. L'armée, réduite à environ 12 000 hommes valides (sur les 50 000 initiaux), ravagée par la dysenterie et la faim, tente de regagner la France. Les forces catalanes et aragonaises, commandées par Roger de Lauria et des seigneurs locaux, ont préparé une embuscade dans les gorges étroites du col. L'attaque surprise, lancée depuis les hauteurs, coupe la colonne française en plusieurs tronçons. L'arrière-garde est isolée et massacrée, tandis que le reste de l'armée, incapable de manœuvrer dans le défilé, subit des pertes massives. Philippe III, gravement malade et transporté en litière, échappe de justesse à la capture mais meurt quatre jours plus tard à Perpignan. Cette défaite marque la fin catastrophique de la croisade d'Aragon.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille d'Arques

1298-07-04
Arques, comté de Flandre (aujourd'hui Pas-de-Calais, France)
Commandant français Robert II d'Artois (pour Philippe IV de France)
VS
Adversaire Guillaume de Juliers, forces flamandes rebelles

Le 4 juillet 1298, l'armée royale française commandée par Robert II d'Artois remporte une victoire décisive contre les milices flamandes rebelles près d'Arques, dans le comté de Flandre. La bataille oppose environ 2 000 soldats français (cavalerie lourde et milices royales) à plus de 3 000 miliciens flamands menés par Guillaume de Juliers. Les Français, mieux organisés et équipés, utilisent leur supériorité en cavalerie pour encercler et disperser les troupes flamandes. La bataille est brève mais meurtrière pour les Flamands, qui subissent plusieurs centaines de morts contre des pertes légères côté français. Cette victoire permet à Philippe IV le Bel de réaffirmer temporairement son autorité sur la Flandre, mais la résistance flamande se renforce et culmine quatre ans plus tard avec la défaite française de Courtrai.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Courtrai (ou des Éperons d'or)

1302-07-11
Courtrai, comté de Flandre (aujourd’hui Belgique)
Commandant français Robert II d’Artois
VS
Adversaire Pieter de Coninck et Jan Breydel, milices flamandes

Le 11 juillet 1302, la chevalerie française subit une défaite humiliante et historique face aux milices flamandes à Courtrai, dans une bataille qui marque un tournant dans l'art de la guerre médiévale. L'armée française, forte d'environ 8 000 hommes dont 2 500 chevaliers lourdement armés, commandée par Robert II d'Artois, affronte environ 9 000 miliciens flamands menés par Guillaume de Juliers et les chefs communaux Pieter de Coninck et Jan Breydel. La bataille se déroule sur un terrain marécageux traversé par la Lys et des fossés, où les Flamands ont préparé des positions défensives. Les charges de cavalerie française échouent face aux pieux défensifs et au terrain détrempé. Les chevaliers, désarçonnés et enlisés, sont massacrés par l'infanterie flamande. Robert II d'Artois est tué, et les Flamands récupèrent près de 700 éperons dorés sur les cadavres des chevaliers, donnant à la bataille son nom de 'Bataille des Éperons d'or'. Cette défaite marque la première grande victoire de l'infanterie urbaine sur la chevalerie féodale en Europe occidentale.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille navale de Zierikzee

1304-08-10
Zierikzee, comté de Zélande (actuelle Pays-Bas)
Commandant français Rainier Grimaldi (amiral français, au service de Philippe IV)
VS
Adversaire Guy de Namur, flotte flamande et hollandaise

Le 10 août 1304, la flotte française, renforcée par des navires génois commandés par Rainier Grimaldi, remporte une victoire navale décisive au large de Zierikzee (Zélande) contre une flotte flamando-hollandaise numériquement supérieure. La bataille oppose environ 30 à 40 navires français et génois à près de 80 navires flamands et hollandais commandés par Guy de Namur, fils du comte de Flandre. Malgré l'infériorité numérique, les Français et leurs alliés génois exploitent leur supériorité tactique et l'expérience de leurs équipages. Les manœuvres habiles des navires génois, aguerris par les combats en Méditerranée, divisent et désorganisent la flotte adverse. La bataille, qui se déroule à marée haute dans les eaux peu profondes de l'estuaire de l'Escaut, voit de violents abordages. Plusieurs navires flamands sont coulés ou capturés, et Guy de Namur est fait prisonnier. Cette victoire navale permet à Philippe IV de rétablir le contrôle français sur la Zélande et de couper les approvisionnements maritimes de la Flandre.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Mons-en-Pévèle

1304-08-18
Mons-en-Pévèle, Flandre française (aujourd'hui Nord, France)
Commandant français Philippe IV le Bel
VS
Adversaire Guy de Dampierre (comte de Flandre), milices flamandes

Le 18 août 1304, Philippe IV le Bel remporte une victoire difficile et coûteuse contre les milices flamandes sur le plateau de Mons-en-Pévèle, dans le nord de la France. La bataille oppose environ 14 000 soldats français (dont 6 000 chevaliers) à 15 000 miliciens flamands commandés par Gui de Dampierre (comte de Flandre) et Guillaume de Juliers. Le combat, qui dure toute la journée, est marqué par une confusion considérable et des retournements de situation. Les charges de cavalerie française échouent initialement face aux formations défensives flamandes. À un moment critique, Philippe IV manque d'être capturé lorsque les Flamands percent les lignes françaises. Mais une contre-attaque bien coordonnée à la tombée du jour, menée par la garde royale et les chevaliers restants, brise finalement la résistance flamande. Les pertes sont lourdes des deux côtés (environ 1 500 Français et 3 000 Flamands), mais la victoire permet à Philippe IV de rétablir son autorité sur la Flandre.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Cassel

1328-08-23
Cassel, comté de Flandre (aujourd'hui Nord, France)
Commandant français Philippe VI de Valois
VS
Adversaire Nicolaas Zannekin, meneur des milices communales flamandes

Le 23 août 1328, Philippe VI de Valois, nouvellement couronné roi de France après l'extinction de la dynastie capétienne directe, remporte une victoire écrasante et décisive contre les milices flamandes rebelles dirigées par Nicolaas Zannekin, un riche fermier devenu meneur populaire. La bataille, qui se déroule au pied de la colline de Cassel, voit les insurgés flamands lancer une attaque surprise nocturne contre le camp français endormi. Initialement désorganisées par cette attaque inattendue, les troupes françaises parviennent à se regrouper sous le commandement énergique de Philippe VI. La contre-attaque de la cavalerie lourde française, renforcée par l'infanterie royale, encercle les milices communales et les massacre systématiquement. Les pertes flamandes sont catastrophiques : plus de 9 000 morts, dont Zannekin lui-même, face à seulement 1 000 pertes françaises. Cette victoire sanglante marque la fin brutale de la révolte des villes flamandes et permet à Philippe VI d'affirmer son autorité dès les premiers mois de son règne.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de l'Écluse

1340-06-24
Au large de L'Écluse, embouchure de la Zwin (actuelle Belgique)
Commandant français Béhuchet et Hugues Quiéret (France)
VS
Adversaire Édouard III d'Angleterre

Le 24 juin 1340, la bataille de l'Écluse (Sluys en flamand) constitue l'une des plus grandes et plus sanglantes batailles navales de tout le Moyen Âge européen. Édouard III d'Angleterre, revendiquant le trône de France, remporte une victoire écrasante et totale contre la flotte française commandée par Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet. La bataille se déroule dans les eaux peu profondes de l'estuaire de la Zwin, près de L'Écluse, où les Français avaient massé environ 190 navires (dont de nombreux vaisseaux marchands armés) en formation défensive serrée, les navires étant reliés par des chaînes pour former un mur infranchissable. Face à eux, Édouard III aligne une flotte hétéroclite mais efficace d'environ 250 navires, composée de vaisseaux anglais, génois (commandés par Barbavera), et hanséatiques. La supériorité tactique anglaise, combinée à l'efficacité meurtrière des archers gallois et anglais armés du longbow, s'avère décisive. Les archers anglais, postés sur les hauts châteaux d'avant des navires, déciment systématiquement les équipages français avant même les abordages. La formation rigide des navires français, bien qu'impressionnante, devient un piège : elle empêche toute manœuvre d'évitement et rend les navires vulnérables aux attaques coordonnées. Après plusieurs heures de combat intense, la ligne française est percée à plusieurs endroits. Les navires français, privés de leurs équipages décimés par les flèches, sont capturés ou coulés les uns après les autres. Les pertes françaises sont catastrophiques : environ 16 000 à 18 000 marins et soldats tués ou capturés, tandis que les Anglais ne déplorent que des pertes modérées. La quasi-totalité de la flotte française est détruite ou capturée, privant Philippe VI de toute capacité navale offensive pour de nombreuses années.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Saint-Omer

1340-07-26
Saint-Omer, Flandre française (aujourd’hui Pas-de-Calais, France)
Commandant français Eudes IV de Bourgogne
VS
Adversaire Robert III d'Artois, au service d'Édouard III

Le 26 juillet 1340, soit un mois après la désastreuse défaite navale de l'Écluse, les Français remportent une victoire terrestre importante à Saint-Omer, redorant quelque peu le blason militaire français après la catastrophe maritime. La bataille oppose l'armée française commandée par Eudes IV de Bourgogne (environ 15 000 hommes) à une force coalisée flamando-anglaise numériquement supérieure (environ 20 000 hommes) dirigée par Robert III d'Artois, prétendant au comté d'Artois et allié d'Édouard III d'Angleterre. Robert III d'Artois, qui avait été banni de France par Philippe VI et s'était réfugié en Angleterre, tente de reconquérir son fief en s'appuyant sur le soulèvement des villes flamandes et le soutien militaire anglais. Il assiège brièvement Saint-Omer, place forte stratégique contrôlant les routes du nord de la France. Cependant, au lieu de subir un siège prolongé, les défenseurs français, renforcés par des troupes bourguignonnes et royales, lancent une sortie agressive et coordonnée qui surprend complètement les assiégeants. La cavalerie lourde française, soutenue par l'infanterie, charge les lignes flamandes mal préparées et désorganisées. Les troupes flamandes, principalement des milices communales peu disciplinées et mal équipées pour un combat en rase campagne, cèdent rapidement sous le choc de la charge française. La déroute est totale : des milliers de Flamands sont tués ou capturés, tandis que les Français ne déplorent que des pertes légères. Robert III d'Artois lui-même est mortellement blessé dans la bataille et meurt peu après, privant Édouard III d'un allié précieux et d'un prétendant au comté d'Artois.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Lunalonge

1341
Lunalonge, Poitou, royaume de France
Commandant français Louis d'Espagne (au service de la France)
VS
Adversaire Thomas Dagworth (au service de Jean de Montfort et de l'Angleterre)

En 1341, la bataille de Lunalonge constitue un engagement mineur mais tactiquement significatif dans le contexte de la guerre de Succession de Bretagne, conflit qui servira de prétexte et de théâtre d'opérations secondaire à la guerre de Cent Ans. Cette escarmouche oppose une troupe française d'environ 400 cavaliers, commandée par Louis d'Espagne (noble au service du roi de France), à un détachement anglais d'environ 300 hommes, principalement des archers et des hommes d'armes, commandé par Thomas Dagworth et servant Jean de Montfort, prétendant au duché de Bretagne soutenu par l'Angleterre. La bataille se déroule dans le Poitou, région stratégique contrôlant les communications entre l'Aquitaine anglaise et la Bretagne. Les Français, ayant repéré le mouvement de la colonne anglaise, organisent une embuscade soigneusement préparée dans un terrain favorable. L'attaque surprise, menée depuis plusieurs directions simultanément, encercle complètement le détachement anglais. Les archers anglais, surpris et ne pouvant prendre leurs positions défensives habituelles, sont incapables de déployer leur puissance de feu redoutable. Le combat dégénère rapidement en mêlée au corps-à-corps où la supériorité numérique et la mobilité de la cavalerie française l'emportent. Une grande partie des effectifs anglais est capturée ou mise hors de combat, représentant une perte significative pour un détachement de cette taille. Cette petite victoire française illustre l'importance de la mobilité et de la surprise dans les engagements tactiques médiévaux.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Champtoceaux

1342-10-18
Champtoceaux, duché de Bretagne (aujourd'hui Maine-et-Loire, France)
Commandant français Charles de Blois
VS
Adversaire Jean de Montfort

Le 18 octobre 1342, la bataille de Champtoceaux constitue une victoire majeure et momentanément décisive pour Charles de Blois dans la guerre de Succession de Bretagne. Cette bataille voit la capture de son rival Jean de Montfort, événement qui semble devoir mettre fin au conflit en faveur du camp français. Champtoceaux, forteresse stratégique située sur les rives de la Loire, est assiégée et prise d'assaut par les troupes de Charles de Blois, renforcées par des contingents français. Les forces de Charles de Blois, estimées à environ 5 000 hommes (mélange de troupes françaises, bretonnes liges, et alliés), encerclent rapidement la place tenue par Jean de Montfort avec seulement 3 000 soldats montfortistes. L'encerclement est suivi d'un assaut coordonné qui brise rapidement les défenses affaiblies de la forteresse. Les pertes côté français sont faibles, tandis que les montfortistes subissent des pertes importantes et voient leur chef Jean de Montfort capturé et emmené en captivité à Paris. Cette capture représente un triomphe apparent pour Charles de Blois et Philippe VI, semblant mettre un terme à la prétention de Jean de Montfort au duché de Bretagne. Cependant, la résilience du camp montfortiste, dirigée par Jeanne de Flandre (épouse de Jean de Montfort, surnommée 'Jeanne la Flamme' pour son caractère indomptable), avec le soutien continu des Anglais, transforme cette victoire en succès temporaire plutôt qu'en fin définitive du conflit.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Morlaix

20 septembre 1342
Morlaix, duché de Bretagne (aujourd'hui Finistère, France)
Commandant français Charles de Blois
VS
Adversaire Walter Manny et William Bohun (comte de Northampton)

Le 20 septembre 1342, la bataille de Morlaix représente une défaite tactique significative pour Charles de Blois et illustre de manière précoce la supériorité tactique anglaise qui caractérisera la guerre de Cent Ans. Cette bataille oppose environ 4 000 hommes des troupes françaises et bretonnes de Charles de Blois à une force anglaise nettement inférieure en nombre (environ 1 500 hommes) mais tactiquement supérieure, commandée par Walter Manny (chevalier anglais expérimenté) et William Bohun, comte de Northampton (l'un des meilleurs commandants anglais). Les Anglais, débarqués en Bretagne pour soutenir la cause de Jean de Montfort (alors captif mais dont la cause est défendue par son épouse Jeanne la Flamme), se retranchent stratégiquement dans un bois près de Morlaix. Cette position défensive avantageuse force les Français à attaquer en terrain difficile et désavantagé. Les archers anglais, positionnés dans le couvert forestier et sur des élévations, déciment systématiquement les troupes françaises qui avancent à découvert. Les tentatives de charges de la cavalerie française sont brisées par les volées de flèches avant même d'atteindre les positions anglaises. Une contre-attaque de cavalerie anglaise, menée au moment opportun lorsque les Français sont désorganisés et affaiblis, achève la défaite française. Les pertes françaises sont importantes, tandis que les Anglais ne déplorent que des pertes modérées (bien que les deux commandants anglais soient blessés). Cette bataille préfigure les grandes défaites françaises à venir, notamment Crécy (1346) et Poitiers (1356), en démontrant l'efficacité redoutable de la combinaison archers à longue portée et position défensive.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Indécis

Bataille de Vannes

décembre 1342
Vannes, duché de Bretagne (aujourd'hui Morbihan, France)
Commandant français Charles de Blois
VS
Adversaire Robert d'Artois et Walter Manny (anglais)

En décembre 1342, la bataille de Vannes représente un épisode sanglant et indécis de la guerre de Succession de Bretagne, se terminant par une médiation diplomatique imposée par les puissances européennes alarmées par l'intensité du conflit. Les combats opposent les troupes françaises et bretonnes de Charles de Blois (environ 4 000 hommes) aux forces anglaises et montfortistes (environ 3 000 hommes) commandées par Robert d'Artois et Walter Manny. Vannes, ville stratégique importante du duché de Bretagne, est assiégée par les Anglais qui tentent de s'en emparer pour renforcer leurs positions. Charles de Blois lance une contre-offensive pour lever le siège et reprendre la ville. Les combats sont d'une intensité exceptionnelle, caractérisés par des assauts frontaux répétés des Français contre les positions retranchées anglaises. Les Anglais résistent avec détermination, utilisant leurs archers et leur infanterie pour repousser les attaques. L'engagement dégénère en une mêlée prolongée et confuse, avec de lourdes pertes des deux côtés. Un événement crucial survient lors des combats : Robert d'Artois, chef expérimenté des forces anglaises et ancien noble français banni, est mortellement blessé. Sa mort représente une perte significative pour le camp anglais. Les combats continuent jusqu'à ce qu'une médiation papale, soutenue par les rois de France et d'Angleterre eux-mêmes, impose un cessez-le-feu et une trêve diplomatique. Cette intervention extérieure reflète l'inquiétude des puissances européennes face à l'escalade du conflit et leur désir d'éviter une généralisation de la guerre.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Bergerac

août 1345
Bergerac, Guyenne (aujourd'hui Dordogne, France)
Commandant français Louis de Poitiers
VS
Adversaire Henri de Lancastre (comte de Derby)

En août 1345, la bataille de Bergerac constitue le premier acte d'une campagne anglaise fulgurante en Guyenne qui marquera un tournant dans la guerre de Cent Ans. Henri de Lancastre, comte de Derby et l'un des meilleurs commandants anglais de la guerre, débarque à Bordeaux avec une force d'élite d'environ 1 500 hommes (troupes anglaises et gasconnes pro-Plantagenêt). Il lance immédiatement une campagne offensive audacieuse visant à reconquérir les territoires perdus par les Anglais en Aquitaine. Bergerac, ville stratégique importante en Périgord contrôlant un point de passage sur la Dordogne, est la première cible. L'attaque anglaise est caractérisée par la vitesse, la surprise, et la coordination tactique remarquable. Les troupes françaises, commandées par Louis de Poitiers et estimées à environ 3 000 hommes, sont prises complètement au dépourvu. Les Anglais attaquent avant que les Français ne puissent se rassembler et organiser une défense efficace. Les archers anglais, positionnés stratégiquement, déciment les défenseurs avant même que ceux-ci ne puissent réagir. Les tentatives de résistance française sont brisées rapidement, et l'armée française bat en retraite en désordre, laissant Bergerac aux mains des Anglais. Cette victoire éclatante, obtenue contre une force numériquement supérieure, ouvre la voie à une série de succès anglais en Guyenne et démontre la supériorité tactique anglaise dans les opérations offensives rapides.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille d’Auberoche

21 octobre 1345
Auberoche, Guyenne (aujourd’hui Dordogne, France)
Commandant français Louis de Poitiers
VS
Adversaire Henri de Lancastre (comte de Derby)

Le 21 octobre 1345, la bataille d'Auberoche constitue l'une des plus brillantes victoires tactiques de toute la guerre de Cent Ans et le chef-d'œuvre militaire d'Henri de Lancastre, comte de Derby. Cette bataille voit une force anglaise d'élite d'environ 1 200 hommes triompher contre une armée française de siège d'environ 7 000 hommes, soit une supériorité numérique française de près de 6 contre 1. La situation initiale semble désespérée pour les Anglais : une garnison anglaise retranchée dans le château d'Auberoche est assiégée par une puissante armée française commandée par Louis de Poitiers. Henri de Lancastre, informé de la situation critique, organise une contre-attaque audacieuse et parfaitement coordonnée. L'attaque anglaise, lancée à la tombée du jour pour maximiser l'effet de surprise, combine plusieurs éléments tactiques de manière remarquable : les archers anglais, positionnés sur une hauteur dominant le camp français, bombardent systématiquement les positions françaises, créant la confusion et infligeant des pertes importantes. Pendant ce temps, l'infanterie anglaise attaque de face, tandis qu'une charge de cavalerie, contournant le camp français par un gué, frappe les Français à revers. Cette attaque coordonnée sur plusieurs fronts simultanés désorganise complètement l'armée française, qui, surprise et attaquée de toutes parts, sombre dans la panique. La déroute française est totale : environ 1 000 morts ou blessés, de nombreux chevaliers capturés dont Louis de Poitiers lui-même, tandis que les pertes anglaises sont minimales. Cette victoire, obtenue contre une force largement supérieure, démontre la supériorité tactique absolue des méthodes anglaises et marque un tournant psychologique majeur dans la guerre.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Crécy

26 août 1346
Crécy-en-Ponthieu, France
Commandant français Philippe VI de Valois
VS
Adversaire Édouard III d'Angleterre

Le 26 août 1346, la bataille de Crécy constitue l'une des plus grandes défaites de l'histoire militaire française et un tournant décisif dans la guerre de Cent Ans. Cette bataille voit l'armée d'Édouard III d'Angleterre (environ 16 000 hommes : 4 000 cavaliers, 7 000 archers, 5 000 fantassins) infliger une défaite écrasante à l'armée française de Philippe VI de Valois (environ 20 000 hommes : chevaliers, fantassins, archers français, et mercenaires génois). La bataille se déroule sur une colline près de Crécy-en-Ponthieu, où Édouard III choisit soigneusement une position défensive avantageuse. Les Anglais se déploient en trois divisions défensives, avec les archers armés du longbow formant des 'coins' entre les divisions d'hommes d'armes, créant une formation en échiquier meurtrière. Les Français, confiants dans leur supériorité numérique et dans la tradition de la charge de cavalerie lourde, lancent une série d'assauts désorganisés et précipités. Les arbalétriers génois, épuisés par une marche forcée, sont envoyés en premier mais sont rapidement décimés par les archers anglais dont la portée et la cadence de tir sont supérieures. Puis les chevaliers français chargent de manière désordonnée, sans coordination, et sont massacrés par les volées de flèches des longbows anglais avant même d'atteindre les lignes anglaises. Les charges successives échouent toutes, transformant le champ de bataille en un charnier où gisent des milliers de chevaliers français. Les pertes françaises sont catastrophiques : plusieurs milliers de morts, dont de nombreux nobles de haut rang (le roi de Bohême, le comte d'Alençon, le comte de Flandre, et de nombreux autres grands seigneurs). Les pertes anglaises sont minimes. Cette défaite écrasante marque la fin de la supériorité de la chevalerie lourde et l'avènement de la supériorité tactique anglaise fondée sur l'archerie et la défense.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Lunalonge

1349
Lunalonge, Poitou (France)
Commandant français Jean de Lille, sénéchal de Saintonge
VS
Adversaire Thomas Coke (chef anglais)

Petite bataille locale en Saintonge : une force française tente d’intercepter un convoi anglais revenant de raid, mais tombe dans une embuscade bien préparée.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Prise de Calais

31 décembre 1349
Calais, France
Commandant français Geoffroi de Charny
VS
Adversaire Amery de Pavie (gouverneur anglais)

Tentative de reconquête menée par Charny sur une Calais affamée, prise en flagrant délit par la garnison anglaise suite à une trahison.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Saintes

1er avril 1351
Saintes, Saintonge (France)
Commandant français Jean de Clermont
VS
Adversaire Anglais sous Thomas Dagworth

Engagement rangé près de Saintes entre forces françaises menées par Jean de Clermont et les troupes anglaises occupant la région. La bataille tourne à l’avantage des Français après une charge décisive de cavalerie.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Mauron

14 août 1352
Mauron, Bretagne (France)
Commandant français Guy II de Nesle, maréchal de France
VS
Adversaire Troupes anglo-bretonnes dirigées par Gauthier de Bentley

Défaite des troupes françaises face à une armée anglo-bretonne plus mobile et mieux commandée. Guy II de Nesle est tué au cours du combat.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Poitiers

19 septembre 1356
Nouaillé-Maupertuis, près de Poitiers (France)
Commandant français Jean II de France
VS
Adversaire Édouard, prince de Galles (Prince noir)

Les Français, en supériorité numérique, attaquent en quatre vagues mais sont repoussés par la défense anglaise bien organisée. Une contre-attaque surprise du Prince noir sur les arrières français déclenche leur effondrement. Le roi Jean II est capturé.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Brignais

6 avril 1362
Brignais, près de Lyon (France)
Commandant français Jacques de Bourbon, comte de La Marche
VS
Adversaire Grandes Compagnies (dirigées par Petit Meschin et Seguin de Badefol)

L’armée royale tente de surprendre les Grandes Compagnies installées près de Lyon. Mais ces dernières, bien renseignées, tendent une embuscade. L’armée française est écrasée. Le comte de La Marche et de nombreux nobles sont tués.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Cocherel

16 mai 1364
Cocherel, près d’Évreux (Normandie, France)
Commandant français Bertrand du Guesclin
VS
Adversaire Armée de Charles II de Navarre (commandée par Jean de Grailly, captal de Buch)

Bertrand du Guesclin affronte et vainc les forces anglo-navarraises qui soutiennent Charles le Mauvais de Navarre. Malgré l'infériorité numérique, il utilise un leurre et une attaque sur le flanc gauche pour désorganiser l'ennemi et capturer son chef.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille d’Auray

29 septembre 1364
Auray, Bretagne (France)
Commandant français Bertrand du Guesclin (pour Charles de Blois)
VS
Adversaire Jean de Montfort, soutenu par John Chandos

La bataille oppose les partisans de Charles de Blois, soutenus par la France, à ceux de Jean de Montfort, appuyés par l’Angleterre. Malgré un engagement solide de Du Guesclin, les forces françaises sont vaincues. Charles de Blois est tué, Du Guesclin fait prisonnier.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de La Rochelle

22 juin 1372
Large de La Rochelle, côte atlantique (France)
Commandant français Ambrosio Boccanegra (flotte castillane alliée à la France)
VS
Adversaire Flotte anglaise commandée par le comte de Pembroke (John Hastings)

La flotte castillane attaque la flotte anglaise venue ravitailler La Rochelle. Manœuvres habiles, tirs de bombardes, et combat rapproché conduisent à une victoire totale. La marine anglaise subit l’un de ses plus grands désastres.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Chizé

21 octobre 1373
Chizé, Poitou (France)
Commandant français Bertrand du Guesclin et Louis de Sancerre
VS
Adversaire Arrière-garde anglaise de Jean de Gand, duc de Lancastre

Alors que Jean de Gand mène une chevauchée massive du nord au sud de la France, les Français parviennent à harceler son arrière-garde près de Chizé. L’attaque coordonnée des forces royales surprend les Anglais et leur inflige des pertes sévères.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Roosebeke

27 novembre 1382
Roosebeke, Flandre (actuelle Belgique)
Commandant français Charles VI de France (avec Olivier de Clisson et le connétable de Sancerre)
VS
Adversaire Milices flamandes révoltées, commandées par Philippe van Artevelde

L’armée royale française, commandée par le jeune roi Charles VI, affronte les milices flamandes en révolte contre l’autorité du comte de Flandre. Malgré leur supériorité numérique, les Flamands sont mal organisés et écrasés par une charge décisive de la cavalerie française.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Dunkerque

25 mai 1383
Dunkerque, comté de Flandre (actuelle France)
Commandant français Louis II de Flandre et Jean de Vienne (amiral de France)
VS
Adversaire Milices flamandes et troupes anglaises dirigées par Henry Despenser, évêque de Norwich

Les forces franco-bourguignonnes interceptent les troupes flamandes et anglaises près de Dunkerque lors d’une expédition lancée par l’évêque de Norwich dans le cadre d’une croisade contre les partisans du pape d’Avignon. La bataille tourne à l’avantage des Français après une charge décisive de la cavalerie lourde.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Gênes

27 juin 1407
Port de Gênes, mer de Ligurie (Italie)
Commandant français Louis II d’Anjou (avec le soutien de Jean de Vienne, amiral de France)
VS
Adversaire République de Gênes (dirigée par Boucicaut et l’amiral Antoniotto Adorno)

Dans un contexte de rivalité commerciale et politique, la flotte française dirigée par Louis II d’Anjou engage la flotte génoise dans le port de Gênes. Grâce à un usage habile de l’artillerie navale et à un débarquement surprise dans l’arsenal, les Français infligent une lourde défaite à la République de Gênes.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille d’Azincourt

25 octobre 1415
Azincourt, Artois (France)
Commandant français Charles d’Albret (connétable de France), avec Jean Ier de Bourbon, Charles Ier d’Orléans et d’autres grands seigneurs
VS
Adversaire Henri V d’Angleterre

L’armée française, bien plus nombreuse, tente d’encercler les troupes anglaises épuisées après leur longue marche depuis Harfleur. Sur un terrain boueux, les charges de la chevalerie française sont désorganisées et prises sous le feu constant des archers anglais, protégés par des pieux. Le massacre est total.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Baugé

22 mars 1421
Baugé, Anjou (France)
Commandant français John Stewart de Darnley (commandant des Écossais), avec le comte de Vendôme et le dauphin Charles (en retrait stratégique)
VS
Adversaire Thomas de Lancastre, duc de Clarence (frère d’Henri V)

Profitant d’une séparation imprudente entre l’avant-garde anglaise et son infanterie, les troupes écossaises commandées par John Stewart de Darnley attaquent de flanc les Anglais menés par le duc de Clarence. Ce dernier meurt au combat, provoquant la panique et la retraite anglaise.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Cravant

31 juillet 1423
Cravant, Yonne (France)
Commandant français Sir John Stewart d'Aubigny (pour les Écossais) et Jean de Toulongeon (maréchal de France)
VS
Adversaire Thomas Montagu (comte de Salisbury) et Jean II de Luxembourg (commandant bourguignon)

L’armée franco-écossaise tente de franchir l’Yonne à Cravant pour reprendre l’initiative dans le nord. Les forces anglo-bourguignonnes attaquent alors que l’armée ennemie est divisée par le fleuve. Les Écossais combattent vaillamment mais sont submergés par le tir des archers anglais et les charges combinées. Déroute complète des troupes du dauphin.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Défaite

Bataille de Verneuil

17 août 1424
Verneuil-sur-Avre, Normandie (France)
Commandant français John Stewart de Darnley (pour les Écossais et Français), avec Charles I d'Orléans
VS
Adversaire Henri V d'Angleterre (commandé par Humphrey de Gloucester et John Talbot)

La bataille oppose les forces franco-écossaises à une armée anglo-bourguignonne lors d’une tentative française pour reprendre l’initiative dans la guerre. Malgré une résistance acharnée, les troupes françaises sont écrasées, subissant une défaite similaire à celle d’Azincourt.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille d’Orléans

8 mai 1429
Orléans, Val de Loire (France)
Commandant français Jeanne d’Arc, Jean de Dunois, Gilles de Rais
VS
Adversaire Armée anglaise commandée par William de la Pole, comte de Suffolk

Après plusieurs mois de siège anglais, Jeanne d’Arc arrive pour relever le moral des défenseurs et organise une série d’attaques visant à briser le siège. La supériorité tactique, la motivation renouvelée et la coordination des assauts conduisent à la levée du siège le 8 septembre.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Patay

18 juin 1429
Patay, Orléanais (France)
Commandant français Jean de Dunois et La Hire (avec Jeanne d’Arc en soutien moral)
VS
Adversaire Armée anglaise commandée par John Talbot et Richard Beauchamp

Une attaque surprise française brise la formation anglaise d’archers qui avait causé de lourdes pertes à Azincourt. La cavalerie française charge avec succès, provoquant la déroute totale des Anglais et la capture de plusieurs commandants.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Formigny

15 avril 1450
Formigny, Normandie (France)
Commandant français Jean de Bourbon, comte de Clermont, et Arthur de Richemont (connétable de France)
VS
Adversaire John Talbot, comte de Shrewsbury (commandant anglais)

Les forces françaises utilisent efficacement leur artillerie contre les troupes anglaises, qui sont ensuite prises en tenaille par la cavalerie française. La bataille se solde par une défaite décisive anglaise, ouvrant la voie à la reconquête complète de la Normandie.

Importance historique :
Bas Moyen Âge
Victoire

Bataille de Castillon

17 juillet 1453
Castillon-la-Bataille, Gironde (France)
Commandant français Jean Bureau (artillerie française), Arthur de Richemont (connétable de France)
VS
Adversaire John Talbot, comte de Shrewsbury

L'armée française, appuyée par une puissante artillerie, défend un camp fortifié face aux forces anglaises. La bataille se solde par une défaite anglaise décisive, avec la mort de John Talbot. Cet affrontement marque la fin de la présence militaire anglaise majeure en France.

Importance historique :

Chronologie de l'époque

1285

Bataille navale des Formigues

1285-09-04

Le 4 septembre 1285, la flotte aragonaise de Roger de Lauria, amiral de Pierre III d'Aragon, inflige une défaite écrasante à la flotte française commandée par Jean de Grailly au large des îles Formigues, près de la côte catalane. La bataille se déroule de nuit, exploitant l'effet de surprise et la supériorité tactique des marins aragonais. La flotte française, composée d'environ 40 galères, est surprise alors qu'elle croise au large pour sécuriser les approvisionnements de l'armée terrestre française en Catalogne. Roger de Lauria, avec environ 30 galères mais des équipages aguerris, utilise des tactiques d'encerclement et d'abordage qui provoquent la panique dans les rangs français. Plusieurs navires français sont coulés ou capturés, et Jean de Grailly est fait prisonnier. Cette défaite navale prive l'armée française de ses approvisionnements maritimes et contribue directement à l'échec de la croisade d'Aragon.

Îles Formigues, mer Méditerranée, au large de la Catalogne
Défaite
1285

Bataille du Col de Panissars

1285-10-01

Le 1er octobre 1285, l'armée française en retraite depuis la Catalogne est anéantie dans une embuscade au col de Panissars, passage stratégique des Pyrénées près du Perthus. L'armée, réduite à environ 12 000 hommes valides (sur les 50 000 initiaux), ravagée par la dysenterie et la faim, tente de regagner la France. Les forces catalanes et aragonaises, commandées par Roger de Lauria et des seigneurs locaux, ont préparé une embuscade dans les gorges étroites du col. L'attaque surprise, lancée depuis les hauteurs, coupe la colonne française en plusieurs tronçons. L'arrière-garde est isolée et massacrée, tandis que le reste de l'armée, incapable de manœuvrer dans le défilé, subit des pertes massives. Philippe III, gravement malade et transporté en litière, échappe de justesse à la capture mais meurt quatre jours plus tard à Perpignan. Cette défaite marque la fin catastrophique de la croisade d'Aragon.

Col de Panissars, Pyrénées, près du Perthus
Défaite
1298

Bataille d'Arques

1298-07-04

Le 4 juillet 1298, l'armée royale française commandée par Robert II d'Artois remporte une victoire décisive contre les milices flamandes rebelles près d'Arques, dans le comté de Flandre. La bataille oppose environ 2 000 soldats français (cavalerie lourde et milices royales) à plus de 3 000 miliciens flamands menés par Guillaume de Juliers. Les Français, mieux organisés et équipés, utilisent leur supériorité en cavalerie pour encercler et disperser les troupes flamandes. La bataille est brève mais meurtrière pour les Flamands, qui subissent plusieurs centaines de morts contre des pertes légères côté français. Cette victoire permet à Philippe IV le Bel de réaffirmer temporairement son autorité sur la Flandre, mais la résistance flamande se renforce et culmine quatre ans plus tard avec la défaite française de Courtrai.

Arques, comté de Flandre (aujourd'hui Pas-de-Calais, France)
Victoire
1302

Bataille de Courtrai (ou des Éperons d'or)

1302-07-11

Le 11 juillet 1302, la chevalerie française subit une défaite humiliante et historique face aux milices flamandes à Courtrai, dans une bataille qui marque un tournant dans l'art de la guerre médiévale. L'armée française, forte d'environ 8 000 hommes dont 2 500 chevaliers lourdement armés, commandée par Robert II d'Artois, affronte environ 9 000 miliciens flamands menés par Guillaume de Juliers et les chefs communaux Pieter de Coninck et Jan Breydel. La bataille se déroule sur un terrain marécageux traversé par la Lys et des fossés, où les Flamands ont préparé des positions défensives. Les charges de cavalerie française échouent face aux pieux défensifs et au terrain détrempé. Les chevaliers, désarçonnés et enlisés, sont massacrés par l'infanterie flamande. Robert II d'Artois est tué, et les Flamands récupèrent près de 700 éperons dorés sur les cadavres des chevaliers, donnant à la bataille son nom de 'Bataille des Éperons d'or'. Cette défaite marque la première grande victoire de l'infanterie urbaine sur la chevalerie féodale en Europe occidentale.

Courtrai, comté de Flandre (aujourd’hui Belgique)
Défaite
1304

Bataille navale de Zierikzee

1304-08-10

Le 10 août 1304, la flotte française, renforcée par des navires génois commandés par Rainier Grimaldi, remporte une victoire navale décisive au large de Zierikzee (Zélande) contre une flotte flamando-hollandaise numériquement supérieure. La bataille oppose environ 30 à 40 navires français et génois à près de 80 navires flamands et hollandais commandés par Guy de Namur, fils du comte de Flandre. Malgré l'infériorité numérique, les Français et leurs alliés génois exploitent leur supériorité tactique et l'expérience de leurs équipages. Les manœuvres habiles des navires génois, aguerris par les combats en Méditerranée, divisent et désorganisent la flotte adverse. La bataille, qui se déroule à marée haute dans les eaux peu profondes de l'estuaire de l'Escaut, voit de violents abordages. Plusieurs navires flamands sont coulés ou capturés, et Guy de Namur est fait prisonnier. Cette victoire navale permet à Philippe IV de rétablir le contrôle français sur la Zélande et de couper les approvisionnements maritimes de la Flandre.

Zierikzee, comté de Zélande (actuelle Pays-Bas)
Victoire
1304

Bataille de Mons-en-Pévèle

1304-08-18

Le 18 août 1304, Philippe IV le Bel remporte une victoire difficile et coûteuse contre les milices flamandes sur le plateau de Mons-en-Pévèle, dans le nord de la France. La bataille oppose environ 14 000 soldats français (dont 6 000 chevaliers) à 15 000 miliciens flamands commandés par Gui de Dampierre (comte de Flandre) et Guillaume de Juliers. Le combat, qui dure toute la journée, est marqué par une confusion considérable et des retournements de situation. Les charges de cavalerie française échouent initialement face aux formations défensives flamandes. À un moment critique, Philippe IV manque d'être capturé lorsque les Flamands percent les lignes françaises. Mais une contre-attaque bien coordonnée à la tombée du jour, menée par la garde royale et les chevaliers restants, brise finalement la résistance flamande. Les pertes sont lourdes des deux côtés (environ 1 500 Français et 3 000 Flamands), mais la victoire permet à Philippe IV de rétablir son autorité sur la Flandre.

Mons-en-Pévèle, Flandre française (aujourd'hui Nord, France)
Victoire
1328

Bataille de Cassel

1328-08-23

Le 23 août 1328, Philippe VI de Valois, nouvellement couronné roi de France après l'extinction de la dynastie capétienne directe, remporte une victoire écrasante et décisive contre les milices flamandes rebelles dirigées par Nicolaas Zannekin, un riche fermier devenu meneur populaire. La bataille, qui se déroule au pied de la colline de Cassel, voit les insurgés flamands lancer une attaque surprise nocturne contre le camp français endormi. Initialement désorganisées par cette attaque inattendue, les troupes françaises parviennent à se regrouper sous le commandement énergique de Philippe VI. La contre-attaque de la cavalerie lourde française, renforcée par l'infanterie royale, encercle les milices communales et les massacre systématiquement. Les pertes flamandes sont catastrophiques : plus de 9 000 morts, dont Zannekin lui-même, face à seulement 1 000 pertes françaises. Cette victoire sanglante marque la fin brutale de la révolte des villes flamandes et permet à Philippe VI d'affirmer son autorité dès les premiers mois de son règne.

Cassel, comté de Flandre (aujourd'hui Nord, France)
Victoire
1340

Bataille de l'Écluse

1340-06-24

Le 24 juin 1340, la bataille de l'Écluse (Sluys en flamand) constitue l'une des plus grandes et plus sanglantes batailles navales de tout le Moyen Âge européen. Édouard III d'Angleterre, revendiquant le trône de France, remporte une victoire écrasante et totale contre la flotte française commandée par Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet. La bataille se déroule dans les eaux peu profondes de l'estuaire de la Zwin, près de L'Écluse, où les Français avaient massé environ 190 navires (dont de nombreux vaisseaux marchands armés) en formation défensive serrée, les navires étant reliés par des chaînes pour former un mur infranchissable. Face à eux, Édouard III aligne une flotte hétéroclite mais efficace d'environ 250 navires, composée de vaisseaux anglais, génois (commandés par Barbavera), et hanséatiques. La supériorité tactique anglaise, combinée à l'efficacité meurtrière des archers gallois et anglais armés du longbow, s'avère décisive. Les archers anglais, postés sur les hauts châteaux d'avant des navires, déciment systématiquement les équipages français avant même les abordages. La formation rigide des navires français, bien qu'impressionnante, devient un piège : elle empêche toute manœuvre d'évitement et rend les navires vulnérables aux attaques coordonnées. Après plusieurs heures de combat intense, la ligne française est percée à plusieurs endroits. Les navires français, privés de leurs équipages décimés par les flèches, sont capturés ou coulés les uns après les autres. Les pertes françaises sont catastrophiques : environ 16 000 à 18 000 marins et soldats tués ou capturés, tandis que les Anglais ne déplorent que des pertes modérées. La quasi-totalité de la flotte française est détruite ou capturée, privant Philippe VI de toute capacité navale offensive pour de nombreuses années.

Au large de L'Écluse, embouchure de la Zwin (actuelle Belgique)
Défaite
1340

Bataille de Saint-Omer

1340-07-26

Le 26 juillet 1340, soit un mois après la désastreuse défaite navale de l'Écluse, les Français remportent une victoire terrestre importante à Saint-Omer, redorant quelque peu le blason militaire français après la catastrophe maritime. La bataille oppose l'armée française commandée par Eudes IV de Bourgogne (environ 15 000 hommes) à une force coalisée flamando-anglaise numériquement supérieure (environ 20 000 hommes) dirigée par Robert III d'Artois, prétendant au comté d'Artois et allié d'Édouard III d'Angleterre. Robert III d'Artois, qui avait été banni de France par Philippe VI et s'était réfugié en Angleterre, tente de reconquérir son fief en s'appuyant sur le soulèvement des villes flamandes et le soutien militaire anglais. Il assiège brièvement Saint-Omer, place forte stratégique contrôlant les routes du nord de la France. Cependant, au lieu de subir un siège prolongé, les défenseurs français, renforcés par des troupes bourguignonnes et royales, lancent une sortie agressive et coordonnée qui surprend complètement les assiégeants. La cavalerie lourde française, soutenue par l'infanterie, charge les lignes flamandes mal préparées et désorganisées. Les troupes flamandes, principalement des milices communales peu disciplinées et mal équipées pour un combat en rase campagne, cèdent rapidement sous le choc de la charge française. La déroute est totale : des milliers de Flamands sont tués ou capturés, tandis que les Français ne déplorent que des pertes légères. Robert III d'Artois lui-même est mortellement blessé dans la bataille et meurt peu après, privant Édouard III d'un allié précieux et d'un prétendant au comté d'Artois.

Saint-Omer, Flandre française (aujourd’hui Pas-de-Calais, France)
Victoire
1341

Bataille de Lunalonge

1341

En 1341, la bataille de Lunalonge constitue un engagement mineur mais tactiquement significatif dans le contexte de la guerre de Succession de Bretagne, conflit qui servira de prétexte et de théâtre d'opérations secondaire à la guerre de Cent Ans. Cette escarmouche oppose une troupe française d'environ 400 cavaliers, commandée par Louis d'Espagne (noble au service du roi de France), à un détachement anglais d'environ 300 hommes, principalement des archers et des hommes d'armes, commandé par Thomas Dagworth et servant Jean de Montfort, prétendant au duché de Bretagne soutenu par l'Angleterre. La bataille se déroule dans le Poitou, région stratégique contrôlant les communications entre l'Aquitaine anglaise et la Bretagne. Les Français, ayant repéré le mouvement de la colonne anglaise, organisent une embuscade soigneusement préparée dans un terrain favorable. L'attaque surprise, menée depuis plusieurs directions simultanément, encercle complètement le détachement anglais. Les archers anglais, surpris et ne pouvant prendre leurs positions défensives habituelles, sont incapables de déployer leur puissance de feu redoutable. Le combat dégénère rapidement en mêlée au corps-à-corps où la supériorité numérique et la mobilité de la cavalerie française l'emportent. Une grande partie des effectifs anglais est capturée ou mise hors de combat, représentant une perte significative pour un détachement de cette taille. Cette petite victoire française illustre l'importance de la mobilité et de la surprise dans les engagements tactiques médiévaux.

Lunalonge, Poitou, royaume de France
Victoire
1342

Bataille de Champtoceaux

1342-10-18

Le 18 octobre 1342, la bataille de Champtoceaux constitue une victoire majeure et momentanément décisive pour Charles de Blois dans la guerre de Succession de Bretagne. Cette bataille voit la capture de son rival Jean de Montfort, événement qui semble devoir mettre fin au conflit en faveur du camp français. Champtoceaux, forteresse stratégique située sur les rives de la Loire, est assiégée et prise d'assaut par les troupes de Charles de Blois, renforcées par des contingents français. Les forces de Charles de Blois, estimées à environ 5 000 hommes (mélange de troupes françaises, bretonnes liges, et alliés), encerclent rapidement la place tenue par Jean de Montfort avec seulement 3 000 soldats montfortistes. L'encerclement est suivi d'un assaut coordonné qui brise rapidement les défenses affaiblies de la forteresse. Les pertes côté français sont faibles, tandis que les montfortistes subissent des pertes importantes et voient leur chef Jean de Montfort capturé et emmené en captivité à Paris. Cette capture représente un triomphe apparent pour Charles de Blois et Philippe VI, semblant mettre un terme à la prétention de Jean de Montfort au duché de Bretagne. Cependant, la résilience du camp montfortiste, dirigée par Jeanne de Flandre (épouse de Jean de Montfort, surnommée 'Jeanne la Flamme' pour son caractère indomptable), avec le soutien continu des Anglais, transforme cette victoire en succès temporaire plutôt qu'en fin définitive du conflit.

Champtoceaux, duché de Bretagne (aujourd'hui Maine-et-Loire, France)
Victoire
1342

Bataille de Morlaix

20 septembre 1342

Le 20 septembre 1342, la bataille de Morlaix représente une défaite tactique significative pour Charles de Blois et illustre de manière précoce la supériorité tactique anglaise qui caractérisera la guerre de Cent Ans. Cette bataille oppose environ 4 000 hommes des troupes françaises et bretonnes de Charles de Blois à une force anglaise nettement inférieure en nombre (environ 1 500 hommes) mais tactiquement supérieure, commandée par Walter Manny (chevalier anglais expérimenté) et William Bohun, comte de Northampton (l'un des meilleurs commandants anglais). Les Anglais, débarqués en Bretagne pour soutenir la cause de Jean de Montfort (alors captif mais dont la cause est défendue par son épouse Jeanne la Flamme), se retranchent stratégiquement dans un bois près de Morlaix. Cette position défensive avantageuse force les Français à attaquer en terrain difficile et désavantagé. Les archers anglais, positionnés dans le couvert forestier et sur des élévations, déciment systématiquement les troupes françaises qui avancent à découvert. Les tentatives de charges de la cavalerie française sont brisées par les volées de flèches avant même d'atteindre les positions anglaises. Une contre-attaque de cavalerie anglaise, menée au moment opportun lorsque les Français sont désorganisés et affaiblis, achève la défaite française. Les pertes françaises sont importantes, tandis que les Anglais ne déplorent que des pertes modérées (bien que les deux commandants anglais soient blessés). Cette bataille préfigure les grandes défaites françaises à venir, notamment Crécy (1346) et Poitiers (1356), en démontrant l'efficacité redoutable de la combinaison archers à longue portée et position défensive.

Morlaix, duché de Bretagne (aujourd'hui Finistère, France)
Défaite
1342

Bataille de Vannes

décembre 1342

En décembre 1342, la bataille de Vannes représente un épisode sanglant et indécis de la guerre de Succession de Bretagne, se terminant par une médiation diplomatique imposée par les puissances européennes alarmées par l'intensité du conflit. Les combats opposent les troupes françaises et bretonnes de Charles de Blois (environ 4 000 hommes) aux forces anglaises et montfortistes (environ 3 000 hommes) commandées par Robert d'Artois et Walter Manny. Vannes, ville stratégique importante du duché de Bretagne, est assiégée par les Anglais qui tentent de s'en emparer pour renforcer leurs positions. Charles de Blois lance une contre-offensive pour lever le siège et reprendre la ville. Les combats sont d'une intensité exceptionnelle, caractérisés par des assauts frontaux répétés des Français contre les positions retranchées anglaises. Les Anglais résistent avec détermination, utilisant leurs archers et leur infanterie pour repousser les attaques. L'engagement dégénère en une mêlée prolongée et confuse, avec de lourdes pertes des deux côtés. Un événement crucial survient lors des combats : Robert d'Artois, chef expérimenté des forces anglaises et ancien noble français banni, est mortellement blessé. Sa mort représente une perte significative pour le camp anglais. Les combats continuent jusqu'à ce qu'une médiation papale, soutenue par les rois de France et d'Angleterre eux-mêmes, impose un cessez-le-feu et une trêve diplomatique. Cette intervention extérieure reflète l'inquiétude des puissances européennes face à l'escalade du conflit et leur désir d'éviter une généralisation de la guerre.

Vannes, duché de Bretagne (aujourd'hui Morbihan, France)
Défaite
1345

Bataille de Bergerac

août 1345

En août 1345, la bataille de Bergerac constitue le premier acte d'une campagne anglaise fulgurante en Guyenne qui marquera un tournant dans la guerre de Cent Ans. Henri de Lancastre, comte de Derby et l'un des meilleurs commandants anglais de la guerre, débarque à Bordeaux avec une force d'élite d'environ 1 500 hommes (troupes anglaises et gasconnes pro-Plantagenêt). Il lance immédiatement une campagne offensive audacieuse visant à reconquérir les territoires perdus par les Anglais en Aquitaine. Bergerac, ville stratégique importante en Périgord contrôlant un point de passage sur la Dordogne, est la première cible. L'attaque anglaise est caractérisée par la vitesse, la surprise, et la coordination tactique remarquable. Les troupes françaises, commandées par Louis de Poitiers et estimées à environ 3 000 hommes, sont prises complètement au dépourvu. Les Anglais attaquent avant que les Français ne puissent se rassembler et organiser une défense efficace. Les archers anglais, positionnés stratégiquement, déciment les défenseurs avant même que ceux-ci ne puissent réagir. Les tentatives de résistance française sont brisées rapidement, et l'armée française bat en retraite en désordre, laissant Bergerac aux mains des Anglais. Cette victoire éclatante, obtenue contre une force numériquement supérieure, ouvre la voie à une série de succès anglais en Guyenne et démontre la supériorité tactique anglaise dans les opérations offensives rapides.

Bergerac, Guyenne (aujourd'hui Dordogne, France)
Défaite
1345

Bataille d’Auberoche

21 octobre 1345

Le 21 octobre 1345, la bataille d'Auberoche constitue l'une des plus brillantes victoires tactiques de toute la guerre de Cent Ans et le chef-d'œuvre militaire d'Henri de Lancastre, comte de Derby. Cette bataille voit une force anglaise d'élite d'environ 1 200 hommes triompher contre une armée française de siège d'environ 7 000 hommes, soit une supériorité numérique française de près de 6 contre 1. La situation initiale semble désespérée pour les Anglais : une garnison anglaise retranchée dans le château d'Auberoche est assiégée par une puissante armée française commandée par Louis de Poitiers. Henri de Lancastre, informé de la situation critique, organise une contre-attaque audacieuse et parfaitement coordonnée. L'attaque anglaise, lancée à la tombée du jour pour maximiser l'effet de surprise, combine plusieurs éléments tactiques de manière remarquable : les archers anglais, positionnés sur une hauteur dominant le camp français, bombardent systématiquement les positions françaises, créant la confusion et infligeant des pertes importantes. Pendant ce temps, l'infanterie anglaise attaque de face, tandis qu'une charge de cavalerie, contournant le camp français par un gué, frappe les Français à revers. Cette attaque coordonnée sur plusieurs fronts simultanés désorganise complètement l'armée française, qui, surprise et attaquée de toutes parts, sombre dans la panique. La déroute française est totale : environ 1 000 morts ou blessés, de nombreux chevaliers capturés dont Louis de Poitiers lui-même, tandis que les pertes anglaises sont minimales. Cette victoire, obtenue contre une force largement supérieure, démontre la supériorité tactique absolue des méthodes anglaises et marque un tournant psychologique majeur dans la guerre.

Auberoche, Guyenne (aujourd’hui Dordogne, France)
Défaite
1346

Bataille de Crécy

26 août 1346

Le 26 août 1346, la bataille de Crécy constitue l'une des plus grandes défaites de l'histoire militaire française et un tournant décisif dans la guerre de Cent Ans. Cette bataille voit l'armée d'Édouard III d'Angleterre (environ 16 000 hommes : 4 000 cavaliers, 7 000 archers, 5 000 fantassins) infliger une défaite écrasante à l'armée française de Philippe VI de Valois (environ 20 000 hommes : chevaliers, fantassins, archers français, et mercenaires génois). La bataille se déroule sur une colline près de Crécy-en-Ponthieu, où Édouard III choisit soigneusement une position défensive avantageuse. Les Anglais se déploient en trois divisions défensives, avec les archers armés du longbow formant des 'coins' entre les divisions d'hommes d'armes, créant une formation en échiquier meurtrière. Les Français, confiants dans leur supériorité numérique et dans la tradition de la charge de cavalerie lourde, lancent une série d'assauts désorganisés et précipités. Les arbalétriers génois, épuisés par une marche forcée, sont envoyés en premier mais sont rapidement décimés par les archers anglais dont la portée et la cadence de tir sont supérieures. Puis les chevaliers français chargent de manière désordonnée, sans coordination, et sont massacrés par les volées de flèches des longbows anglais avant même d'atteindre les lignes anglaises. Les charges successives échouent toutes, transformant le champ de bataille en un charnier où gisent des milliers de chevaliers français. Les pertes françaises sont catastrophiques : plusieurs milliers de morts, dont de nombreux nobles de haut rang (le roi de Bohême, le comte d'Alençon, le comte de Flandre, et de nombreux autres grands seigneurs). Les pertes anglaises sont minimes. Cette défaite écrasante marque la fin de la supériorité de la chevalerie lourde et l'avènement de la supériorité tactique anglaise fondée sur l'archerie et la défense.

Crécy-en-Ponthieu, France
Défaite
1349

Bataille de Lunalonge

1349

Petite bataille locale en Saintonge : une force française tente d’intercepter un convoi anglais revenant de raid, mais tombe dans une embuscade bien préparée.

Lunalonge, Poitou (France)
Défaite
1349

Prise de Calais

31 décembre 1349

Tentative de reconquête menée par Charny sur une Calais affamée, prise en flagrant délit par la garnison anglaise suite à une trahison.

Calais, France
Victoire
1351

Bataille de Saintes

1er avril 1351

Engagement rangé près de Saintes entre forces françaises menées par Jean de Clermont et les troupes anglaises occupant la région. La bataille tourne à l’avantage des Français après une charge décisive de cavalerie.

Saintes, Saintonge (France)
Victoire
1352

Bataille de Mauron

14 août 1352

Défaite des troupes françaises face à une armée anglo-bretonne plus mobile et mieux commandée. Guy II de Nesle est tué au cours du combat.

Mauron, Bretagne (France)
Défaite
1356

Bataille de Poitiers

19 septembre 1356

Les Français, en supériorité numérique, attaquent en quatre vagues mais sont repoussés par la défense anglaise bien organisée. Une contre-attaque surprise du Prince noir sur les arrières français déclenche leur effondrement. Le roi Jean II est capturé.

Nouaillé-Maupertuis, près de Poitiers (France)
Défaite
1362

Bataille de Brignais

6 avril 1362

L’armée royale tente de surprendre les Grandes Compagnies installées près de Lyon. Mais ces dernières, bien renseignées, tendent une embuscade. L’armée française est écrasée. Le comte de La Marche et de nombreux nobles sont tués.

Brignais, près de Lyon (France)
Défaite
1364

Bataille de Cocherel

16 mai 1364

Bertrand du Guesclin affronte et vainc les forces anglo-navarraises qui soutiennent Charles le Mauvais de Navarre. Malgré l'infériorité numérique, il utilise un leurre et une attaque sur le flanc gauche pour désorganiser l'ennemi et capturer son chef.

Cocherel, près d’Évreux (Normandie, France)
Victoire
1364

Bataille d’Auray

29 septembre 1364

La bataille oppose les partisans de Charles de Blois, soutenus par la France, à ceux de Jean de Montfort, appuyés par l’Angleterre. Malgré un engagement solide de Du Guesclin, les forces françaises sont vaincues. Charles de Blois est tué, Du Guesclin fait prisonnier.

Auray, Bretagne (France)
Défaite
1372

Bataille de La Rochelle

22 juin 1372

La flotte castillane attaque la flotte anglaise venue ravitailler La Rochelle. Manœuvres habiles, tirs de bombardes, et combat rapproché conduisent à une victoire totale. La marine anglaise subit l’un de ses plus grands désastres.

Large de La Rochelle, côte atlantique (France)
Victoire
1373

Bataille de Chizé

21 octobre 1373

Alors que Jean de Gand mène une chevauchée massive du nord au sud de la France, les Français parviennent à harceler son arrière-garde près de Chizé. L’attaque coordonnée des forces royales surprend les Anglais et leur inflige des pertes sévères.

Chizé, Poitou (France)
Victoire
1382

Bataille de Roosebeke

27 novembre 1382

L’armée royale française, commandée par le jeune roi Charles VI, affronte les milices flamandes en révolte contre l’autorité du comte de Flandre. Malgré leur supériorité numérique, les Flamands sont mal organisés et écrasés par une charge décisive de la cavalerie française.

Roosebeke, Flandre (actuelle Belgique)
Victoire
1383

Bataille de Dunkerque

25 mai 1383

Les forces franco-bourguignonnes interceptent les troupes flamandes et anglaises près de Dunkerque lors d’une expédition lancée par l’évêque de Norwich dans le cadre d’une croisade contre les partisans du pape d’Avignon. La bataille tourne à l’avantage des Français après une charge décisive de la cavalerie lourde.

Dunkerque, comté de Flandre (actuelle France)
Victoire
1407

Bataille de Gênes

27 juin 1407

Dans un contexte de rivalité commerciale et politique, la flotte française dirigée par Louis II d’Anjou engage la flotte génoise dans le port de Gênes. Grâce à un usage habile de l’artillerie navale et à un débarquement surprise dans l’arsenal, les Français infligent une lourde défaite à la République de Gênes.

Port de Gênes, mer de Ligurie (Italie)
Victoire
1415

Bataille d’Azincourt

25 octobre 1415

L’armée française, bien plus nombreuse, tente d’encercler les troupes anglaises épuisées après leur longue marche depuis Harfleur. Sur un terrain boueux, les charges de la chevalerie française sont désorganisées et prises sous le feu constant des archers anglais, protégés par des pieux. Le massacre est total.

Azincourt, Artois (France)
Défaite
1421

Bataille de Baugé

22 mars 1421

Profitant d’une séparation imprudente entre l’avant-garde anglaise et son infanterie, les troupes écossaises commandées par John Stewart de Darnley attaquent de flanc les Anglais menés par le duc de Clarence. Ce dernier meurt au combat, provoquant la panique et la retraite anglaise.

Baugé, Anjou (France)
Victoire
1423

Bataille de Cravant

31 juillet 1423

L’armée franco-écossaise tente de franchir l’Yonne à Cravant pour reprendre l’initiative dans le nord. Les forces anglo-bourguignonnes attaquent alors que l’armée ennemie est divisée par le fleuve. Les Écossais combattent vaillamment mais sont submergés par le tir des archers anglais et les charges combinées. Déroute complète des troupes du dauphin.

Cravant, Yonne (France)
Défaite
1424

Bataille de Verneuil

17 août 1424

La bataille oppose les forces franco-écossaises à une armée anglo-bourguignonne lors d’une tentative française pour reprendre l’initiative dans la guerre. Malgré une résistance acharnée, les troupes françaises sont écrasées, subissant une défaite similaire à celle d’Azincourt.

Verneuil-sur-Avre, Normandie (France)
Défaite
1429

Bataille d’Orléans

8 mai – 8 septembre 1429

Après plusieurs mois de siège anglais, Jeanne d’Arc arrive pour relever le moral des défenseurs et organise une série d’attaques visant à briser le siège. La supériorité tactique, la motivation renouvelée et la coordination des assauts conduisent à la levée du siège le 8 septembre.

Orléans, Val de Loire (France)
Victoire
1429

Bataille de Patay

18 juin 1429

Une attaque surprise française brise la formation anglaise d’archers qui avait causé de lourdes pertes à Azincourt. La cavalerie française charge avec succès, provoquant la déroute totale des Anglais et la capture de plusieurs commandants.

Patay, Orléanais (France)
Victoire
1450

Bataille de Formigny

15 avril 1450

Les forces françaises utilisent efficacement leur artillerie contre les troupes anglaises, qui sont ensuite prises en tenaille par la cavalerie française. La bataille se solde par une défaite décisive anglaise, ouvrant la voie à la reconquête complète de la Normandie.

Formigny, Normandie (France)
Victoire
1453

Bataille de Castillon

17 juillet 1453

L'armée française, appuyée par une puissante artillerie, défend un camp fortifié face aux forces anglaises. La bataille se solde par une défaite anglaise décisive, avec la mort de John Talbot. Cet affrontement marque la fin de la présence militaire anglaise majeure en France.

Castillon-la-Bataille, Gironde (France)
Victoire