Bataille de l'Écluse 1340 • Bas Moyen Âge
Découverte de la bataille
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Bataille de l'Écluse

Bas Moyen Âge Défaite française
Importance historique :

Résumé

Le 24 juin 1340, la bataille de l'Écluse (Sluys en flamand) constitue l'une des plus grandes et plus sanglantes batailles navales de tout le Moyen Âge européen. Édouard III d'Angleterre, revendiquant le trône de France, remporte une victoire écrasante et totale contre la flotte française commandée par Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet. La bataille se déroule dans les eaux peu profondes de l'estuaire de la Zwin, près de L'Écluse, où les Français avaient massé environ 190 navires (dont de nombreux vaisseaux marchands armés) en formation défensive serrée, les navires étant reliés par des chaînes pour former un mur infranchissable. Face à eux, Édouard III aligne une flotte hétéroclite mais efficace d'environ 250 navires, composée de vaisseaux anglais, génois (commandés par Barbavera), et hanséatiques. La supériorité tactique anglaise, combinée à l'efficacité meurtrière des archers gallois et anglais armés du longbow, s'avère décisive. Les archers anglais, postés sur les hauts châteaux d'avant des navires, déciment systématiquement les équipages français avant même les abordages. La formation rigide des navires français, bien qu'impressionnante, devient un piège : elle empêche toute manœuvre d'évitement et rend les navires vulnérables aux attaques coordonnées. Après plusieurs heures de combat intense, la ligne française est percée à plusieurs endroits. Les navires français, privés de leurs équipages décimés par les flèches, sont capturés ou coulés les uns après les autres. Les pertes françaises sont catastrophiques : environ 16 000 à 18 000 marins et soldats tués ou capturés, tandis que les Anglais ne déplorent que des pertes modérées. La quasi-totalité de la flotte française est détruite ou capturée, privant Philippe VI de toute capacité navale offensive pour de nombreuses années.

Contexte historique

La bataille de l'Écluse s'inscrit dans le contexte initial de la guerre de Cent Ans (1337-1453), déclenchée par la revendication d'Édouard III d'Angleterre sur le trône de France après l'extinction de la dynastie capétienne directe et l'avènement de Philippe VI de Valois. En 1340, Édouard III, qui a conclu une alliance avec les villes flamandes révoltées contre leur comte (allié de la France), décide de lancer une invasion majeure du continent. Pour cela, il doit d'abord s'assurer la maîtrise de la mer et pouvoir débarquer ses troupes en Flandre sans opposition navale. La flotte française, renforcée par des navires génois et castillans, se rassemble sous le commandement de Hugues Quiéret (amiral de France) et Nicolas Béhuchet (chancelier et trésorier du roi), deux hommes expérimentés mais peut-être trop confiants. Les Français choisissent de bloquer l'estuaire de la Zwin, point d'accès maritime vers la Flandre, en formant une ligne défensive massive avec leurs navires enchaînés. Cette stratégie défensive, inspirée des tactiques terrestres, vise à créer un mur infranchissable. Cependant, elle manque de souplesse et ne tient pas compte de la supériorité tactique anglaise en matière de combat naval. Édouard III, de son côté, a rassemblé une flotte hétéroclite mais bien commandée, bénéficiant de l'expertise navale génoise et de la qualité supérieure des archers anglais. La bataille s'engage dans un contexte où la supériorité navale française semblait acquise, mais où l'Angleterre développait une nouvelle approche du combat naval, combinant archers à longue portée et manœuvrabilité.

Contexte historique

La bataille de l'Écluse s'inscrit dans le contexte initial de la guerre de Cent Ans (1337-1453), déclenchée par la revendication d'Édouard III d'Angleterre sur le trône de France après l'extinction de la dynastie capétienne directe et l'avènement de Philippe VI de Valois. En 1340, Édouard III, qui a conclu une alliance avec les villes flamandes révoltées contre leur comte (allié de la France), décide de lancer une invasion majeure du continent. Pour cela, il doit d'abord s'assurer la maîtrise de la mer et pouvoir débarquer ses troupes en Flandre sans opposition navale. La flotte française, renforcée par des navires génois et castillans, se rassemble sous le commandement de Hugues Quiéret (amiral de France) et Nicolas Béhuchet (chancelier et trésorier du roi), deux hommes expérimentés mais peut-être trop confiants. Les Français choisissent de bloquer l'estuaire de la Zwin, point d'accès maritime vers la Flandre, en formant une ligne défensive massive avec leurs navires enchaînés. Cette stratégie défensive, inspirée des tactiques terrestres, vise à créer un mur infranchissable. Cependant, elle manque de souplesse et ne tient pas compte de la supériorité tactique anglaise en matière de combat naval. Édouard III, de son côté, a rassemblé une flotte hétéroclite mais bien commandée, bénéficiant de l'expertise navale génoise et de la qualité supérieure des archers anglais. La bataille s'engage dans un contexte où la supériorité navale française semblait acquise, mais où l'Angleterre développait une nouvelle approche du combat naval, combinant archers à longue portée et manœuvrabilité.

Déroulement et tactiques

La bataille de l'Écluse illustre parfaitement l'évolution des tactiques navales médiévales et la supériorité d'une approche flexible et coordonnée sur une formation rigide. Les Français adoptent une stratégie défensive classique mais dépassée : ils positionnent leurs 190 navires en trois lignes serrées dans l'estuaire de la Zwin, les navires étant reliés entre eux par des chaînes et des cordages pour former un mur infranchissable. Cette formation, inspirée des tactiques de combat terrestre (comme la formation en phalange), est impressionnante visuellement mais présente des faiblesses fatales : elle empêche toute manœuvre d'évitement, rend les navires vulnérables aux attaques coordonnées, et concentre les équipages en cibles faciles. Les vaisseaux français, souvent des navires marchands armés, sont surchargés de soldats et d'arbalétriers génois, mais manquent de mobilité. Édouard III, au contraire, adopte une approche tactique innovante et dévastatrice. Il organise sa flotte en plusieurs escadres mobiles, profitant de la marée et du vent favorables. La supériorité tactique anglaise repose sur trois éléments clés : d'abord, l'utilisation massive et efficace des archers gallois et anglais armés du longbow, une arme redoutable à longue portée (jusqu'à 300 mètres) et à cadence de tir élevée (jusqu'à 10 flèches par minute). Ces archers, postés sur les hauts châteaux d'avant des navires anglais, déciment systématiquement les équipages français avant même que les abordages ne puissent avoir lieu. Ensuite, la manœuvrabilité des navires anglais permet des attaques coordonnées sur plusieurs points de la ligne française, créant des brèches et semant la confusion. Enfin, la coordination entre les différentes escadres (anglaise, génoise, hanséatique) permet des attaques simultanées qui submergent la défense française. La bataille suit un schéma précis : les archers anglais ouvrent le feu à distance, décimant les équipages français ; les navires anglais s'approchent ensuite pour les abordages, mais les équipages français sont déjà considérablement affaiblis ; enfin, la ligne française, percée à plusieurs endroits, s'effondre sous les assauts coordonnés. Les navires français, privés de leurs équipages, sont capturés ou coulés un par un. Cette défaite démontre que dans le combat naval médiéval, la supériorité tactique, la qualité des armes à distance, et la flexibilité l'emportent sur le nombre et la formation rigide. La bataille de l'Écluse marque ainsi un tournant dans l'histoire navale, établissant les principes tactiques qui domineront la guerre navale pendant des siècles.

Conséquences

La défaite de l'Écluse a des conséquences stratégiques, militaires et psychologiques majeures qui marqueront toute la première phase de la guerre de Cent Ans. Sur le plan naval, la France perd brutalement sa suprématie maritime : la quasi-totalité de sa flotte est détruite ou capturée (seuls quelques navires parviennent à fuir), privant le royaume de toute capacité offensive en mer du Nord et en Manche pour de nombreuses années. Cette perte de la maîtrise des mers permet aux Anglais de débarquer librement sur le continent, d'approvisionner leurs armées par mer, et de mener des chevauchées dévastatrices sans craindre de contre-attaque navale française. La bataille ouvre la voie au débarquement anglais en Flandre et aux campagnes terrestres qui suivront, notamment la chevauchée d'Édouard III en 1346 qui culminera à la bataille de Crécy. Les conséquences humaines sont terrifiantes : 16 000 à 18 000 marins et soldats français tués ou capturés, une hécatombe sans précédent dans l'histoire navale médiévale. Les deux commandants français, Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet, sont capturés et exécutés sur ordre d'Édouard III, probablement en représailles et pour marquer symboliquement la défaite française. Sur le plan psychologique, l'humiliation est immense : la marine française, réputée puissante, est anéantie par une flotte anglaise numériquement équivalente mais tactiquement supérieure. Cette défaite crée un sentiment de vulnérabilité et de supériorité anglaise qui marquera les esprits. Pour Philippe VI, la défaite représente un échec stratégique majeur qui affaiblit sa position face à Édouard III et compromet sa capacité à défendre les côtes françaises. La bataille de l'Écluse établit aussi un nouveau modèle de combat naval, où l'archerie longue portée et la manœuvrabilité l'emportent sur les formations rigides et les abordages massifs. Cette leçon influencera les batailles navales futures et contribuera à établir la supériorité navale anglaise pendant des décennies.

Localisation

Lieu : Au large de L'Écluse, embouchure de la Zwin (actuelle Belgique)
Coordonnées : 51.3594°N, 3.3708°E
Localisation – Au large de L'Écluse, embouchure de la Zwin (actuelle Belgique)