Première Guerre mondiale – Front occidental
1914 – 1916
Des premiers affrontements en 1914 aux derniers combats en 1916, retrouvez ci-dessous la chronologie complète de ce conflit, avec pour chaque bataille les forces en présence, les commandants et les conséquences pour la France.
Époque : Époque Contemporaine
- 1914 Première bataille de Champagne Indécis
La première bataille de Champagne est la première grande offensive alliée de la guerre de position. De décembre 1914 à mars 1915, l’armée française lance une série d’attaques massives contre les lignes allemandes solidement retranchées dans la plaine crayeuse de Champagne. Le secteur de Perthes-lès-Hurlus, Massiges, Beauséjour et Souain devient le théâtre d’affrontements acharnés : assauts à la baïonnette, bombardements d’artillerie, combats de tranchées et de mines. Malgré une préparation méthodique, l’artillerie et l’infanterie françaises butent sur des défenses allemandes profondes (réseaux de barbelés, blockhaus, mitrailleuses). Les gains territoriaux sont minimes, au prix de pertes terribles. La bataille s’enlise dans la boue, la neige et l’épuisement, symbolisant l’impasse de la guerre d’usure.
- 1915 Première bataille de l’Artois (offensive d’hiver 1914-1915) Indécis
La première bataille de l’Artois, parfois appelée 'offensive d’hiver de Lorette', inaugure la série des grandes offensives françaises de 1915. Entre décembre 1914 et janvier 1915, la 10e armée française tente de percer le front allemand dans la région du plateau de Notre-Dame-de-Lorette et de Carency. Les combats sont acharnés et s’étendent dans la neige, la boue et le froid glacial : assauts frontaux répétés, bombardements d’artillerie, attaques à la baïonnette, et guerres de mines marquent le quotidien des soldats. Malgré des gains territoriaux locaux (prises de tranchées, avancées sur la crête de Lorette), l’offensive s’enlise face à des défenses allemandes de plus en plus profondes. Les pertes sont terribles et le front reste quasiment inchangé à la fin de l’opération.
- 1915 Deuxième bataille de l’Artois Indécis
La deuxième bataille de l’Artois constitue la plus grande offensive française du printemps 1915, lancée pour percer le front allemand et reprendre la crête de Vimy. Après un bombardement d’artillerie de trois jours, l’assaut général commence le 9 mai : les divisions françaises progressent rapidement autour de Notre-Dame-de-Lorette, de Carency et de Souchez, enlevant plusieurs lignes de tranchées et s’emparant du village de Neuville-Saint-Vaast. L’attaque atteint ses objectifs initiaux, mais les réserves manquent pour exploiter le succès. Les Allemands, surpris mais résilients, réorganisent leur défense et lancent de puissantes contre-attaques. Les combats deviennent une succession d’assauts et de contre-assauts, souvent pour quelques centaines de mètres. Les pertes s’accumulent et l’offensive s’épuise à la fin juin, sans percée décisive.
- 1915 Deuxième bataille de Champagne (offensive d’hiver 1915) Indécis
La deuxième bataille de Champagne, menée de la mi-février à la mi-mars 1915, s’inscrit dans la continuité des offensives d’hiver françaises. L’état-major veut tester de nouvelles méthodes d’attaque : bombardement intensif, vagues d’assaut en profondeur, attaques coordonnées sur un large front. Les troupes françaises, massées autour de Massiges, Perthes et Beauséjour, lancent des assauts répétés contre les lignes allemandes. Malgré des succès initiaux (prises de tranchées avancées, progression de plusieurs kilomètres par endroits), les défenses ennemies résistent. Le terrain détrempé, la fatigue et les contre-attaques allemandes empêchent toute percée décisive. Au bout d’un mois d’affrontements et d’hécatombes, l’offensive est arrêtée sur ordre de Joffre.
- 1915 Troisième bataille de Champagne Indécis
La troisième bataille de Champagne marque l’une des plus grandes offensives alliées de 1915, menée simultanément avec celle d’Artois. Préparée par un bombardement d’artillerie sans précédent (plus de 4 millions d’obus tirés), l’offensive est lancée le 25 septembre sur un front de 30 km. Les troupes françaises s’emparent de plusieurs lignes de tranchées et progressent sur le saillant de Massiges et le secteur de Tahure. Mais la profondeur des défenses allemandes, la résistance acharnée et le manque de réserves empêchent d’exploiter les premiers succès. Après une semaine de combats effroyables, les attaques s’épuisent dans la boue, les barbelés et le feu croisé des mitrailleuses. Aucun gain stratégique n’est réalisé.
- 1915 Bataille de Neuve-Chapelle Indécis
La bataille de Neuve-Chapelle marque la première offensive anglo-indienne majeure de la guerre sur le front ouest. Après une préparation d’artillerie brève mais intense, les divisions britanniques, appuyées par les troupes indiennes et des éléments d’artillerie française, lancent un assaut sur les lignes allemandes à Neuve-Chapelle, entre Artois et Flandre. La surprise initiale permet la percée du premier système de tranchées allemandes. Mais le manque de réserves, la désorganisation des communications et les contre-attaques allemandes bloquent l’exploitation du succès. Les combats de rues, de tranchées et de haies sont d’une extrême violence, et les pertes s’accumulent rapidement. L’offensive s’épuise au bout de trois jours, sans percée décisive.
- 1916 Bataille de la Somme Indécis
La bataille de la Somme est la plus grande opération alliée de 1916, lancée pour percer le front allemand, soulager Verdun et mettre fin à la guerre d’usure. Débutée le 1er juillet 1916 sur un front de 40 km, elle mobilise Britanniques, Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais, Sud-Africains, Terre-Neuviens, Irlandais, Indiens, Portugais et Français. La préparation d’artillerie (1,6 million d’obus en une semaine) devait anéantir les lignes allemandes, mais échoue en grande partie. Le 1er juillet, l’armée britannique subit la pire journée de son histoire militaire (≈ 58 000 pertes en 24h), tandis que les Français, plus expérimentés, progressent davantage au sud. La bataille devient une succession d’attaques locales sur Pozières, Thiepval, Longueval, Guillemont, Flers-Courcelette (premier emploi des chars d’assaut le 15 septembre), Combles et Bapaume. Les Alliés gagnent quelques kilomètres de terrain, au prix de centaines de milliers de morts, blessés, disparus, gazés et mutilés. La Somme incarne l’horreur de la guerre industrielle, la solidarité franco-britannique et l’apprentissage tactique dans le sang. Les villages sont rasés, le paysage transformé en désert lunaire, et la mémoire collective marquée à jamais.
- 1916 Bataille de Verdun Victoire
La bataille de Verdun, l’une des plus longues, intenses et symboliques de la Première Guerre mondiale, débute le 21 février 1916 à l’aube par un bombardement d’artillerie allemand sans précédent : plus d’un million d’obus s’abattent sur les positions françaises du secteur nord-est de Verdun, ouvrant une brèche de 21 km de front. L’objectif allemand est double : 'saigner la France à blanc' par une bataille d’attrition et provoquer une rupture stratégique sur le front occidental. Le choc est terrible : le bois des Caures est défendu héroïquement par le colonel Driant et ses chasseurs, bientôt submergés. En quelques jours, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont, dont la perte traumatise l’opinion. Pétain, nommé à la hâte, instaure une défense en profondeur et la rotation continue des troupes ('la noria'), évitant l’effondrement. Pendant des mois, Verdun devient un enfer : chaque village (Beaumont, Fleury, Vaux, Thiaumont), chaque crête (Mort-Homme, Côte 304) devient le théâtre d’assauts, de pilonnages d’artillerie et de combats à la grenade. Le fort de Vaux tombe en juin après une résistance héroïque du commandant Raynal et de sa garnison, tandis que l’été marque l’apogée de la lutte pour les collines et les ravins. L’arrivée de Nivelle à l’automne et la mobilisation massive d’artillerie et de troupes permettent de reprendre Douaumont, Vaux et la quasi-totalité du terrain perdu. Verdun est sauvée, mais au prix de pertes humaines et psychologiques inouïes. La ville, les villages, la forêt de Verdun sont anéantis, le secteur transformé en 'terre morte', lunaire et stérile. Le nom de Verdun devient un mythe, synonyme de résistance, de sacrifice et d’union nationale.