Guerre de Cent Ans

1340 – 1453

19 batailles
10 victoires
9 défaites
0 indécises

Des premiers affrontements en 1340 aux derniers combats en 1453, retrouvez ci-dessous la chronologie complète de ce conflit, avec pour chaque bataille les forces en présence, les commandants et les conséquences pour la France.

Époque : Bas Moyen Âge

  1. 1340 Bataille de l'Écluse Défaite

    Le 24 juin 1340, la bataille de l'Écluse (Sluys en flamand) constitue l'une des plus grandes et plus sanglantes batailles navales de tout le Moyen Âge européen. Édouard III d'Angleterre, revendiquant le trône de France, remporte une victoire écrasante et totale contre la flotte française commandée par Hugues Quiéret et Nicolas Béhuchet. La bataille se déroule dans les eaux peu profondes de l'estuaire de la Zwin, près de L'Écluse, où les Français avaient massé environ 190 navires (dont de nombreux vaisseaux marchands armés) en formation défensive serrée, les navires étant reliés par des chaînes pour former un mur infranchissable. Face à eux, Édouard III aligne une flotte hétéroclite mais efficace d'environ 250 navires, composée de vaisseaux anglais, génois (commandés par Barbavera), et hanséatiques. La supériorité tactique anglaise, combinée à l'efficacité meurtrière des archers gallois et anglais armés du longbow, s'avère décisive. Les archers anglais, postés sur les hauts châteaux d'avant des navires, déciment systématiquement les équipages français avant même les abordages. La formation rigide des navires français, bien qu'impressionnante, devient un piège : elle empêche toute manœuvre d'évitement et rend les navires vulnérables aux attaques coordonnées. Après plusieurs heures de combat intense, la ligne française est percée à plusieurs endroits. Les navires français, privés de leurs équipages décimés par les flèches, sont capturés ou coulés les uns après les autres. Les pertes françaises sont catastrophiques : environ 16 000 à 18 000 marins et soldats tués ou capturés, tandis que les Anglais ne déplorent que des pertes modérées. La quasi-totalité de la flotte française est détruite ou capturée, privant Philippe VI de toute capacité navale offensive pour de nombreuses années.

  2. 1340 Bataille de Saint-Omer Victoire

    Le 26 juillet 1340, soit un mois après la désastreuse défaite navale de l'Écluse, les Français remportent une victoire terrestre importante à Saint-Omer, redorant quelque peu le blason militaire français après la catastrophe maritime. La bataille oppose l'armée française commandée par Eudes IV de Bourgogne (environ 15 000 hommes) à une force coalisée flamando-anglaise numériquement supérieure (environ 20 000 hommes) dirigée par Robert III d'Artois, prétendant au comté d'Artois et allié d'Édouard III d'Angleterre. Robert III d'Artois, qui avait été banni de France par Philippe VI et s'était réfugié en Angleterre, tente de reconquérir son fief en s'appuyant sur le soulèvement des villes flamandes et le soutien militaire anglais. Il assiège brièvement Saint-Omer, place forte stratégique contrôlant les routes du nord de la France. Cependant, au lieu de subir un siège prolongé, les défenseurs français, renforcés par des troupes bourguignonnes et royales, lancent une sortie agressive et coordonnée qui surprend complètement les assiégeants. La cavalerie lourde française, soutenue par l'infanterie, charge les lignes flamandes mal préparées et désorganisées. Les troupes flamandes, principalement des milices communales peu disciplinées et mal équipées pour un combat en rase campagne, cèdent rapidement sous le choc de la charge française. La déroute est totale : des milliers de Flamands sont tués ou capturés, tandis que les Français ne déplorent que des pertes légères. Robert III d'Artois lui-même est mortellement blessé dans la bataille et meurt peu après, privant Édouard III d'un allié précieux et d'un prétendant au comté d'Artois.

  3. 1345 Bataille d’Auberoche Défaite

    Le 21 octobre 1345, la bataille d'Auberoche constitue l'une des plus brillantes victoires tactiques de toute la guerre de Cent Ans et le chef-d'œuvre militaire d'Henri de Lancastre, comte de Derby. Cette bataille voit une force anglaise d'élite d'environ 1 200 hommes triompher contre une armée française de siège d'environ 7 000 hommes, soit une supériorité numérique française de près de 6 contre 1. La situation initiale semble désespérée pour les Anglais : une garnison anglaise retranchée dans le château d'Auberoche est assiégée par une puissante armée française commandée par Louis de Poitiers. Henri de Lancastre, informé de la situation critique, organise une contre-attaque audacieuse et parfaitement coordonnée. L'attaque anglaise, lancée à la tombée du jour pour maximiser l'effet de surprise, combine plusieurs éléments tactiques de manière remarquable : les archers anglais, positionnés sur une hauteur dominant le camp français, bombardent systématiquement les positions françaises, créant la confusion et infligeant des pertes importantes. Pendant ce temps, l'infanterie anglaise attaque de face, tandis qu'une charge de cavalerie, contournant le camp français par un gué, frappe les Français à revers. Cette attaque coordonnée sur plusieurs fronts simultanés désorganise complètement l'armée française, qui, surprise et attaquée de toutes parts, sombre dans la panique. La déroute française est totale : environ 1 000 morts ou blessés, de nombreux chevaliers capturés dont Louis de Poitiers lui-même, tandis que les pertes anglaises sont minimales. Cette victoire, obtenue contre une force largement supérieure, démontre la supériorité tactique absolue des méthodes anglaises et marque un tournant psychologique majeur dans la guerre.

  4. 1345 Bataille de Bergerac Défaite

    En août 1345, la bataille de Bergerac constitue le premier acte d'une campagne anglaise fulgurante en Guyenne qui marquera un tournant dans la guerre de Cent Ans. Henri de Lancastre, comte de Derby et l'un des meilleurs commandants anglais de la guerre, débarque à Bordeaux avec une force d'élite d'environ 1 500 hommes (troupes anglaises et gasconnes pro-Plantagenêt). Il lance immédiatement une campagne offensive audacieuse visant à reconquérir les territoires perdus par les Anglais en Aquitaine. Bergerac, ville stratégique importante en Périgord contrôlant un point de passage sur la Dordogne, est la première cible. L'attaque anglaise est caractérisée par la vitesse, la surprise, et la coordination tactique remarquable. Les troupes françaises, commandées par Louis de Poitiers et estimées à environ 3 000 hommes, sont prises complètement au dépourvu. Les Anglais attaquent avant que les Français ne puissent se rassembler et organiser une défense efficace. Les archers anglais, positionnés stratégiquement, déciment les défenseurs avant même que ceux-ci ne puissent réagir. Les tentatives de résistance française sont brisées rapidement, et l'armée française bat en retraite en désordre, laissant Bergerac aux mains des Anglais. Cette victoire éclatante, obtenue contre une force numériquement supérieure, ouvre la voie à une série de succès anglais en Guyenne et démontre la supériorité tactique anglaise dans les opérations offensives rapides.

  5. 1346 Bataille de Crécy Défaite

    Le 26 août 1346, la bataille de Crécy constitue l'une des plus grandes défaites de l'histoire militaire française et un tournant décisif dans la guerre de Cent Ans. Cette bataille voit l'armée d'Édouard III d'Angleterre (environ 16 000 hommes : 4 000 cavaliers, 7 000 archers, 5 000 fantassins) infliger une défaite écrasante à l'armée française de Philippe VI de Valois (environ 20 000 hommes : chevaliers, fantassins, archers français, et mercenaires génois). La bataille se déroule sur une colline près de Crécy-en-Ponthieu, où Édouard III choisit soigneusement une position défensive avantageuse. Les Anglais se déploient en trois divisions défensives, avec les archers armés du longbow formant des 'coins' entre les divisions d'hommes d'armes, créant une formation en échiquier meurtrière. Les Français, confiants dans leur supériorité numérique et dans la tradition de la charge de cavalerie lourde, lancent une série d'assauts désorganisés et précipités. Les arbalétriers génois, épuisés par une marche forcée, sont envoyés en premier mais sont rapidement décimés par les archers anglais dont la portée et la cadence de tir sont supérieures. Puis les chevaliers français chargent de manière désordonnée, sans coordination, et sont massacrés par les volées de flèches des longbows anglais avant même d'atteindre les lignes anglaises. Les charges successives échouent toutes, transformant le champ de bataille en un charnier où gisent des milliers de chevaliers français. Les pertes françaises sont catastrophiques : plusieurs milliers de morts, dont de nombreux nobles de haut rang (le roi de Bohême, le comte d'Alençon, le comte de Flandre, et de nombreux autres grands seigneurs). Les pertes anglaises sont minimes. Cette défaite écrasante marque la fin de la supériorité de la chevalerie lourde et l'avènement de la supériorité tactique anglaise fondée sur l'archerie et la défense.

  6. 1349 Prise de Calais Victoire

    Tentative de reconquête menée par Charny sur une Calais affamée, prise en flagrant délit par la garnison anglaise suite à une trahison.

  7. 1349 Bataille de Lunalonge Défaite

    Petite bataille locale en Saintonge : une force française tente d’intercepter un convoi anglais revenant de raid, mais tombe dans une embuscade bien préparée.

  8. 1351 Bataille de Saintes Victoire

    Engagement rangé près de Saintes entre forces françaises menées par Jean de Clermont et les troupes anglaises occupant la région. La bataille tourne à l’avantage des Français après une charge décisive de cavalerie.

  9. 1356 Bataille de Poitiers Défaite

    Les Français, en supériorité numérique, attaquent en quatre vagues mais sont repoussés par la défense anglaise bien organisée. Une contre-attaque surprise du Prince noir sur les arrières français déclenche leur effondrement. Le roi Jean II est capturé.

  10. 1372 Bataille de La Rochelle Victoire

    La flotte castillane attaque la flotte anglaise venue ravitailler La Rochelle. Manœuvres habiles, tirs de bombardes, et combat rapproché conduisent à une victoire totale. La marine anglaise subit l’un de ses plus grands désastres.

  11. 1373 Bataille de Chizé Victoire

    Alors que Jean de Gand mène une chevauchée massive du nord au sud de la France, les Français parviennent à harceler son arrière-garde près de Chizé. L’attaque coordonnée des forces royales surprend les Anglais et leur inflige des pertes sévères.

  12. 1415 Bataille d’Azincourt Défaite

    L’armée française, bien plus nombreuse, tente d’encercler les troupes anglaises épuisées après leur longue marche depuis Harfleur. Sur un terrain boueux, les charges de la chevalerie française sont désorganisées et prises sous le feu constant des archers anglais, protégés par des pieux. Le massacre est total.

  13. 1421 Bataille de Baugé Victoire

    Profitant d’une séparation imprudente entre l’avant-garde anglaise et son infanterie, les troupes écossaises commandées par John Stewart de Darnley attaquent de flanc les Anglais menés par le duc de Clarence. Ce dernier meurt au combat, provoquant la panique et la retraite anglaise.

  14. 1423 Bataille de Cravant Défaite

    L’armée franco-écossaise tente de franchir l’Yonne à Cravant pour reprendre l’initiative dans le nord. Les forces anglo-bourguignonnes attaquent alors que l’armée ennemie est divisée par le fleuve. Les Écossais combattent vaillamment mais sont submergés par le tir des archers anglais et les charges combinées. Déroute complète des troupes du dauphin.

  15. 1424 Bataille de Verneuil Défaite

    La bataille oppose les forces franco-écossaises à une armée anglo-bourguignonne lors d’une tentative française pour reprendre l’initiative dans la guerre. Malgré une résistance acharnée, les troupes françaises sont écrasées, subissant une défaite similaire à celle d’Azincourt.

  16. 1429 Bataille d’Orléans Victoire

    Après plusieurs mois de siège anglais, Jeanne d’Arc arrive pour relever le moral des défenseurs et organise une série d’attaques visant à briser le siège. La supériorité tactique, la motivation renouvelée et la coordination des assauts conduisent à la levée du siège le 8 septembre.

  17. 1429 Bataille de Patay Victoire

    Une attaque surprise française brise la formation anglaise d’archers qui avait causé de lourdes pertes à Azincourt. La cavalerie française charge avec succès, provoquant la déroute totale des Anglais et la capture de plusieurs commandants.

  18. 1450 Bataille de Formigny Victoire

    Les forces françaises utilisent efficacement leur artillerie contre les troupes anglaises, qui sont ensuite prises en tenaille par la cavalerie française. La bataille se solde par une défaite décisive anglaise, ouvrant la voie à la reconquête complète de la Normandie.

  19. 1453 Bataille de Castillon Victoire

    L'armée française, appuyée par une puissante artillerie, défend un camp fortifié face aux forces anglaises. La bataille se solde par une défaite anglaise décisive, avec la mort de John Talbot. Cet affrontement marque la fin de la présence militaire anglaise majeure en France.