Bataille de Marengo
Guerres de la Deuxième Coalition · Marengo, près d'Alessandria, Piémont, Italie
Résumé
Le 14 juin 1800 (25 prairial an VIII), près d'Alexandrie en Piémont, Bonaparte, alors Premier consul, renverse une attaque surprise de l'armée autrichienne du feld-maréchal Melas. Après une matinée difficile où Victor et Lannes reculent, l'arrivée du corps de Desaix et la contre-attaque de fin de journée transforment la défaite française annoncée en victoire décisive.
Contexte historique
Au printemps 1800, Bonaparte est Premier consul depuis six mois et sa position reste fragile face à des généraux qui lui sont hostiles : il lui faut une victoire décisive. En Italie, Melas assiège Gênes et a repoussé les Français. Bonaparte constitue une armée de réserve et franchit les Alpes le 23 mai pour tomber sur les arrières autrichiens ; Murat occupe Milan le 2 juin. Mais la capitulation de Masséna à Gênes, le 4 juin, ruine le plan d'encerclement. Craignant que Melas ne lui échappe, Bonaparte disperse alors ses forces sur un large front : Desaix part vers Novi Ligure avec 6 000 hommes, La Poype vers le nord. C'est ce dispositif étiré que les Autrichiens attaquent le 14 juin.
Tactiques
L'offensive autrichienne se déclenche à neuf heures du matin par l'attaque du village de Marengo. Les divisions de Victor et de Lannes mènent une retraite défensive jusque vers quatorze heures, cédant le terrain pied à pied sur le Fontanone. Melas, se croyant vainqueur, quitte le champ de bataille et laisse la poursuite à son état-major. Vers dix-sept heures, Desaix, rappelé en hâte, arrive avec ses divisions fraîches et engage la colonne autrichienne lancée dans la poursuite ; la charge de cavalerie de Kellermann prend le flanc de la colonne et rompt les rangs. Desaix est tué dans cette contre-attaque décisive.
Conséquences
Les Autrichiens laissent environ 9 400 morts et blessés et 8 000 prisonniers ; les Français comptent près de 4 700 hommes hors de combat et 900 disparus, dont Desaix. La victoire, obtenue in extremis, permet à Bonaparte d'imposer la convention d'Alexandrie, qui évacue les Autrichiens d'Italie du Nord, puis conduit au traité de Lunéville en 1801. Surtout, elle éclipse les succès de ses rivaux militaires et consolide son autorité sur le Consulat — la bataille sera abondamment réécrite par la suite pour en gommer le désordre initial.
Localisation
Sources
Cette fiche s'appuie sur les références suivantes.
- Bataille de Marengo Wikipédia (fr)
- Battle of Marengo Wikipédia (en)