1340 Bas Moyen Âge Victoire
Saint-Omer, Flandre française (aujourd’hui Pas-de-Calais, France) · Guerre de Cent Ans
Le 26 juillet 1340, soit un mois après la désastreuse défaite navale de l'Écluse, les Français remportent une victoire terrestre importante à Saint-Omer, redorant quelque peu le blason militaire français après la catastrophe maritime. La bataille oppose l'armée française commandée par Eudes IV de Bourgogne (environ 15 000 hommes) à une force coalisée flamando-anglaise numériquement supérieure (environ 20 000 hommes) dirigée par Robert III d'Artois, prétendant au comté d'Artois et allié d'Édouard III d'Angleterre. Robert III d'Artois, qui avait été banni de France par Philippe VI et s'était réfugié en Angleterre, tente de reconquérir son fief en s'appuyant sur le soulèvement des villes flamandes et le soutien militaire anglais. Il assiège brièvement Saint-Omer, place forte stratégique contrôlant les routes du nord de la France. Cependant, au lieu de subir un siège prolongé, les défenseurs français, renforcés par des troupes bourguignonnes et royales, lancent une sortie agressive et coordonnée qui surprend complètement les assiégeants. La cavalerie lourde française, soutenue par l'infanterie, charge les lignes flamandes mal préparées et désorganisées. Les troupes flamandes, principalement des milices communales peu disciplinées et mal équipées pour un combat en rase campagne, cèdent rapidement sous le choc de la charge française. La déroute est totale : des milliers de Flamands sont tués ou capturés, tandis que les Français ne déplorent que des pertes légères. Robert III d'Artois lui-même est mortellement blessé dans la bataille et meurt peu après, privant Édouard III d'un allié précieux et d'un prétendant au comté d'Artois.
1349 Bas Moyen Âge Victoire
Calais, France · Guerre de Cent Ans
Fin décembre 1349, Geoffroi de Charny rassemble environ 500 lanciers pour reprendre Calais grâce à un complot avec Amery de Pavie, gouverneur anglais. Édouard III, prévenu, tend un piège : les Français sont surpris et capturés dans la tour du château.
1415 Bas Moyen Âge Défaite
Azincourt, Artois (France) · Guerre de Cent Ans
Le 25 octobre 1415 (saint Crépin), près d'Azincourt dans l'Artois, l'armée d'Henri V d'Angleterre, affaiblie par la maladie et le siège d'Harfleur, inflige une défaite écrasante aux forces françaises pourtant supérieures en nombre. Charles VI, atteint de troubles mentaux, n'exerce pas le commandement : l'ost français est conduit par Charles d'Albret, Jean de Bourbon et Charles d'Orléans. Sur un terrain boueux entre deux bois, les charges de chevaliers français se désorganisent sous les volées des archers anglais protégés par des pieux.
1479 Bas Moyen Âge Défaite
Guinegatte, Artois (France) · Guerre franco-bourguignonne
La bataille oppose les forces françaises à celles de Maximilien Ier, héritier des Pays-Bas bourguignons, dans une lutte pour le contrôle des anciens territoires ducale. Malgré une résistance farouche, les Français sont défaits, consolidant la présence habsbourgeoise.
1554 Renaissance Victoire
Renty, Artois (France) · Guerres d’Italie (guerre entre France et Empire de Charles Quint)
L’armée française engage les forces impériales près de Renty. Après un combat acharné, les Français remportent une victoire stratégique qui affaiblit les ambitions impériales en Flandre.
1648 Époque Classique Victoire
Lens, Artois (France) · Guerre de Trente Ans
La bataille de Lens est une confrontation décisive entre l’armée royale française et les forces impériales. Grâce à la supériorité tactique de Condé, notamment par une charge de cavalerie audacieuse, les Français remportent une victoire stratégique majeure qui précipite la fin du conflit. La bataille se déroule dans un contexte où la guerre est épuisante, et les deux camps cherchent une conclusion favorable.
1710 Époque Classique Défaite
Béthune, Artois (France) · Guerre de Succession d’Espagne
Le siège de Béthune suit immédiatement celui de Douai dans la campagne de 1710. Malgré un effectif modeste, la garnison française dirigée par le comte de Lannion oppose une résistance solide. Les Alliés mènent un siège intensif avec batteries et mines. Après plus de six semaines de combats acharnés, les Français capitulent, mais obtiennent les honneurs de la guerre.
1710 Époque Classique Défaite
Saint-Venant, Artois (France) · Guerre de Succession d’Espagne
Peu après la prise de Béthune, les Alliés poursuivent leur avancée en Artois en assiégeant Saint-Venant, un petit poste fortifié sur la Lys. La garnison française, en infériorité, tente de résister aux batteries de siège et aux assauts répétés mais se rend après 11 jours. Les pertes sont modérées mais la reddition rapide démontre l’épuisement du système défensif français dans la région.
1710 Époque Classique Défaite
Aire-sur-la-Lys, Artois (France) · Guerre de Succession d’Espagne
Dernière place importante dans l’Artois, Aire-sur-la-Lys est assiégée à l’automne 1710. La défense menée par le marquis de Gacé est vigoureuse : les assiégeants rencontrent une résistance prolongée, notamment lors de plusieurs sorties françaises meurtrières. Malgré cela, le siège est méthodique et progressif. La ville est prise après un mois de combats intensifs. La garnison obtient les honneurs de la guerre.
1711 Époque Classique Victoire
Arleux, Artois (France) · Guerre de Succession d’Espagne
Le combat d’Arleux oppose les troupes françaises de Villars à un détachement allié chargé de tenir la tête de pont fortifiée sur le canal de la Sensée. En lançant une attaque surprise bien coordonnée, Villars parvient à reprendre Arleux et à détruire les ouvrages ennemis. Ce succès tactique modeste renforce le moral français, entame la position alliée, et prépare la contre-offensive de l’année suivante.
1914 Époque Contemporaine Indécis
Artois, secteur Arras – Lens – Bapaume – Douai, France · Première Guerre mondiale – Course à la mer
La première bataille de l’Artois s’inscrit dans la poursuite de la 'course à la mer' : la 10e armée française du général Maud’huy, après avoir combattu en Picardie, tente de déborder le flanc nord des Allemands pour atteindre la région minière de Lens et Douai. Les Français lancent une série d’attaques rapides, reprenant Arras, s’emparant de villages comme Thélus et Neuville-Saint-Vaast, et progressant jusqu’aux faubourgs de Lens. Les combats sont acharnés : attaques à la baïonnette, tirs d’artillerie lourde, défense allemande en tranchées de plus en plus élaborées. Plusieurs localités changent de mains à de multiples reprises, sans gain décisif. Le front s’allonge inexorablement, chaque camp cherchant à contourner l’autre vers la Flandre.
1915 Époque Contemporaine Indécis
Artois, secteur Carency – Notre-Dame-de-Lorette – Roclincourt, Pas-de-Calais, France · Première Guerre mondiale – Front occidental
La première bataille de l’Artois, parfois appelée 'offensive d’hiver de Lorette', inaugure la série des grandes offensives françaises de 1915. Entre décembre 1914 et janvier 1915, la 10e armée française tente de percer le front allemand dans la région du plateau de Notre-Dame-de-Lorette et de Carency. Les combats sont acharnés et s’étendent dans la neige, la boue et le froid glacial : assauts frontaux répétés, bombardements d’artillerie, attaques à la baïonnette, et guerres de mines marquent le quotidien des soldats. Malgré des gains territoriaux locaux (prises de tranchées, avancées sur la crête de Lorette), l’offensive s’enlise face à des défenses allemandes de plus en plus profondes. Les pertes sont terribles et le front reste quasiment inchangé à la fin de l’opération.
1915 Époque Contemporaine Indécis
Neuve-Chapelle, secteur Artois–Flandre, Pas-de-Calais, France · Première Guerre mondiale – Front occidental
La bataille de Neuve-Chapelle marque la première offensive anglo-indienne majeure de la guerre sur le front ouest. Après une préparation d’artillerie brève mais intense, les divisions britanniques, appuyées par les troupes indiennes et des éléments d’artillerie française, lancent un assaut sur les lignes allemandes à Neuve-Chapelle, entre Artois et Flandre. La surprise initiale permet la percée du premier système de tranchées allemandes. Mais le manque de réserves, la désorganisation des communications et les contre-attaques allemandes bloquent l’exploitation du succès. Les combats de rues, de tranchées et de haies sont d’une extrême violence, et les pertes s’accumulent rapidement. L’offensive s’épuise au bout de trois jours, sans percée décisive.
1915 Époque Contemporaine Indécis
Artois, crête de Vimy – Notre-Dame-de-Lorette – Souchez, Pas-de-Calais, France · Première Guerre mondiale – Front occidental
La deuxième bataille de l’Artois constitue la plus grande offensive française du printemps 1915, lancée pour percer le front allemand et reprendre la crête de Vimy. Après un bombardement d’artillerie de trois jours, l’assaut général commence le 9 mai : les divisions françaises progressent rapidement autour de Notre-Dame-de-Lorette, de Carency et de Souchez, enlevant plusieurs lignes de tranchées et s’emparant du village de Neuville-Saint-Vaast. L’attaque atteint ses objectifs initiaux, mais les réserves manquent pour exploiter le succès. Les Allemands, surpris mais résilients, réorganisent leur défense et lancent de puissantes contre-attaques. Les combats deviennent une succession d’assauts et de contre-assauts, souvent pour quelques centaines de mètres. Les pertes s’accumulent et l’offensive s’épuise à la fin juin, sans percée décisive.
1915 Époque Contemporaine Indécis
Loos-en-Gohelle, secteur Lens – Hulluch – Vermelles, Pas-de-Calais, France · Première Guerre mondiale – Offensives d’automne 1915
La bataille de Loos marque la plus grande offensive britannique de 1915 sur le front occidental, appuyée par l’artillerie et des détachements français. L’attaque débute le 25 septembre par le premier usage massif de gaz de chlore britannique, qui s’avère vite incontrôlable et aussi dangereux pour l’assaillant que pour l’ennemi. Les troupes britanniques s’élancent sur Loos-en-Gohelle, Hulluch, et la corne nord de Lens. Après une percée initiale spectaculaire, les réserves tardent à être engagées, l’offensive s’enlise, et les contre-attaques allemandes repoussent les gains britanniques. Les Français attaquent plus au sud pour soutenir le mouvement mais se heurtent, eux aussi, à des défenses profondes et subissent de lourdes pertes. Après deux semaines de combats acharnés, le front se stabilise sur ses positions de départ.
1915 Époque Contemporaine Indécis
Souchez – Labyrinthe – Givenchy-en-Gohelle, Artois, Pas-de-Calais, France · Première Guerre mondiale – Offensives d’automne 1915
Les combats de Souchez et du Labyrinthe à l’automne 1915 prolongent la grande offensive d’Artois. Autour du village détruit de Souchez, des crêtes de Givenchy et du secteur fortifié du 'Labyrinthe', Français et Allemands se livrent à des assauts et contre-assauts presque quotidiens. Les troupes françaises s’efforcent de consolider les gains du printemps et d’enlever les dernières positions dominantes allemandes avant l’hiver. Le secteur du Labyrinthe, réseau complexe de tranchées, d’abris bétonnés et de galeries souterraines, devient le théâtre de combats d’une intensité extrême : attaques à la grenade, guerre de mines, corps à corps dans l’obscurité des boyaux. Malgré des avancées locales, l’offensive s’enlise et le front reste quasiment inchangé à la fin de l’année.
1916 Époque Contemporaine Victoire
Sailly-Saillisel, Somme, France · Première Guerre mondiale – Bataille de la Somme
Située à l’extrémité nord du front franco-britannique de la Somme, la bataille de Sailly-Saillisel marque la progression finale des forces françaises dans ce secteur. Les troupes françaises, appuyées par des éléments britanniques, doivent s’emparer du village de Sailly-Saillisel, situé sur une crête stratégique au nord de Combles. L’assaut, mené dans des conditions climatiques extrêmes (pluie, boue, froid), permet finalement de capturer le village après plus d’un mois de combats acharnés.
1940 Époque Contemporaine Défaite
Arras, Pas-de-Calais, France · Bataille de France (Seconde Guerre mondiale)
La bataille d’Arras est une contre-attaque alliée menée le 21 mai 1940 contre la poussée allemande vers la Manche. L’objectif est de désorganiser la progression de la 7e Panzerdivision de Rommel, qui avance rapidement vers la côte. Les forces franco-britanniques attaquent en tenaille au sud d’Arras, surprenant les avant-gardes allemandes. Les chars Matilda I & II britanniques, bien blindés, causent de lourdes pertes initiales. Toutefois, la Luftwaffe intervient rapidement et les forces allemandes encerclent la contre-attaque, stoppant son élan.