Les points pleins marquent les batailles livrées dans la Somme, les points clairs celles des environs. Distances mesurées à vol d'oiseau depuis le centre de la Somme.

Les 15 batailles dans la Somme

687 Haut Moyen Âge Victoire

Bataille de Tertry

Tertry (Somme), entre Somme et marais de l’Omignon · Faides frankes – Austrasie contre Neustrie et Burgondie ; affirmation des maires du palais

En juin 687, à Tertry (Somme), Pépin de Herstal, maire du palais d’Austrasie, vainc les forces de Neustrie et de Burgondie menées par Berchaire et le roi Thierry III. Pépin avait franchi la Somme et les marais de l’Omignon. La victoire austrasienne dicte l’avenir politique neustrien : Berchaire est écarté ; Pépin se fait reconnaître maire sur Austrasie, Neustrie et Burgondie, prend les titres de dux et princeps Francorum, sans oser encore la couronne. Il confie la Neustrie à Nordebert (après la mort de Berchaire, octobre 688) et marie son fils Drogon à Anstrudis, veuve de Berchaire. Tertry est un tournant pippinide/carolingien (Ferdinand Lot ; Rosamond McKitterick), deux générations avant Pépin le Bref.

Pépin de HerstalvsBerchaire
881 Haut Moyen Âge Victoire

Bataille de Saucourt-en-Vimeu

Saucourt (hameau de Nibas, Somme), Vimeu, Picardie — entre Valines, Ochancourt et Fressenneville, ~15 km à l’ouest d’Abbeville (Wikipedia FR) · Invasions vikings en Francie occidentale

Le 3 août 881, les rois Louis III et Carloman II, jeunes héritiers carolingiens, rassemblent une armée franque pour affronter une puissante bande viking qui dévastait la Picardie. Les envahisseurs, formés de contingents danois itinérants, avaient mené une série de raids meurtriers dans la vallée de la Somme. L’affrontement, livré près de Saucourt-en-Vimeu, prend la forme d’une bataille rangée extrêmement sanglante. Les troupes franques, disciplinées et coordonnées, parviennent à submerger l’ennemi après de violents échanges. Les sources contemporaines, notamment le poème héroïque *Ludwigslied*, exagèrent peut-être les chiffres, mais évoquent la mort de plusieurs milliers de Vikings sur le champ de bataille. Cette victoire est considérée comme l’un des plus grands succès militaires carolingiens contre les envahisseurs scandinaves.

Louis III et Carloman IIvsVikings
1346 Bas Moyen Âge Défaite

Bataille de Crécy

Crécy-en-Ponthieu, France · Guerre de Cent Ans

Le 26 août 1346, la bataille de Crécy constitue l'une des plus grandes défaites de l'histoire militaire française et un tournant décisif dans la guerre de Cent Ans. Cette bataille voit l'armée d'Édouard III d'Angleterre (environ 16 000 hommes : 4 000 cavaliers, 7 000 archers, 5 000 fantassins) infliger une défaite écrasante à l'armée française de Philippe VI de Valois (environ 20 000 hommes : chevaliers, fantassins, archers français, et mercenaires génois). La bataille se déroule sur une colline près de Crécy-en-Ponthieu, où Édouard III choisit soigneusement une position défensive avantageuse. Les Anglais se déploient en trois divisions défensives, avec les archers armés du longbow formant des 'coins' entre les divisions d'hommes d'armes, créant une formation en échiquier meurtrière. Les Français, confiants dans leur supériorité numérique et dans la tradition de la charge de cavalerie lourde, lancent une série d'assauts désorganisés et précipités. Les arbalétriers génois, épuisés par une marche forcée, sont envoyés en premier mais sont rapidement décimés par les archers anglais dont la portée et la cadence de tir sont supérieures. Puis les chevaliers français chargent de manière désordonnée, sans coordination, et sont massacrés par les volées de flèches des longbows anglais avant même d'atteindre les lignes anglaises. Les charges successives échouent toutes, transformant le champ de bataille en un charnier où gisent des milliers de chevaliers français. Les pertes françaises sont catastrophiques : plusieurs milliers de morts, dont de nombreux nobles de haut rang (le roi de Bohême, le comte d'Alençon, le comte de Flandre, et de nombreux autres grands seigneurs). Les pertes anglaises sont minimes. Cette défaite écrasante marque la fin de la supériorité de la chevalerie lourde et l'avènement de la supériorité tactique anglaise fondée sur l'archerie et la défense.

Philippe VI de ValoisvsÉdouard III d'Angleterre
1914 Époque Contemporaine Indécis

Première bataille de Picardie

Picardie, Somme, secteur Albert – Péronne – Amiens, France · Première Guerre mondiale – Course à la mer

La première bataille de Picardie marque la première grande phase de la 'course à la mer', la tentative de débordement réciproque vers le nord après la stabilisation du front sur l’Aisne. Les troupes françaises de la 10e armée, fraîchement constituées, avancent en direction d’Amiens, Péronne et Albert pour tourner le flanc allemand. Les Allemands réagissent en transportant rapidement des unités par chemin de fer, devançant parfois les Français sur les positions stratégiques. Les combats sont intenses : prises et reprises de villages, attaques d’artillerie et mouvements de cavalerie marquent ces journées où la manœuvre prime sur la position. Les deux camps réalisent vite l’impossibilité d’un enveloppement total : les lignes se figent progressivement, annonçant l’enlisement de la 'course à la mer'.

Généraux Joseph JoffrevsEmpire allemand
1916 Époque Contemporaine Victoire

Bataille de Maurepas

Maurepas, secteur sud-est de la Somme, France · Première Guerre mondiale – Bataille de la Somme

La bataille de Maurepas constitue un épisode stratégique et sanglant de la Somme, impliquant principalement la 6e armée française. Du 20 août au 5 septembre 1916, les troupes françaises attaquent le village fortifié de Maurepas, verrou sud de la défense allemande. Après plusieurs tentatives et combats de tranchées meurtriers, une préparation d’artillerie massive précède l’assaut général du 24 août. L’infanterie française s’infiltre dans les lignes allemandes, progressant de maison en maison, sous un déluge d’obus et de tirs croisés. Maurepas, transformé en champ de ruines, change plusieurs fois de mains avant d’être définitivement pris par les Français le 24 août. Les combats continuent jusqu’à la libération complète du secteur début septembre. La prise de Maurepas permet de menacer les positions allemandes à Combles et d’accélérer l’effondrement du front ennemi au sud-est de la Somme.

Général Marie FayollevsEmpire allemand
1916 Époque Contemporaine Victoire

Bataille de Guillemont

Guillemont, secteur sud-est de la Somme, France · Première Guerre mondiale – Bataille de la Somme

La bataille de Guillemont marque un tournant dans la progression alliée sur la Somme. Du 3 au 6 septembre 1916, les divisions françaises et britanniques, après des semaines de combats infructueux, lancent une attaque coordonnée contre le village fortifié de Guillemont. Les tranchées, bunkers et nids de mitrailleuses allemands résistent aux premiers assauts, mais l’artillerie alliée pilonne sans relâche le secteur. Le 20e corps d’armée français, appuyé par les Britanniques, parvient à percer les lignes, isolant le village. Les combats de rue, la résistance acharnée des défenseurs allemands et l’utilisation de grenades, de lance-flammes et de mitrailleuses rendent la prise de Guillemont particulièrement coûteuse. Les Alliés prennent finalement le village, ouvrant la voie vers Ginchy et l’intérieur du dispositif allemand. Guillemont est anéanti, mais sa chute brise la résistance sur la crête et permet aux Alliés de relancer l’offensive vers l’est.

Général Marie FayollevsEmpire allemand
1916 Époque Contemporaine Victoire

Bataille de Combles

Combles, secteur sud-est de la Somme, France · Première Guerre mondiale – Bataille de la Somme

La bataille de Combles est l’une des dernières grandes actions de la Somme en 1916. Du 25 au 28 septembre, Français et Britanniques lancent une attaque coordonnée pour encercler et prendre la ville fortifiée de Combles, point clé de la défense allemande au sud-est du front. Après une préparation d’artillerie massive, les troupes françaises avancent par l’est et le sud, les Britanniques et les dominions par l’ouest et le nord. Les combats de rues, l’usage massif de grenades et l’appui de l’artillerie permettent de progresser rapidement : les Allemands, dépassés, abandonnent la ville, qui est prise le 26 septembre. La victoire à Combles ouvre la route de Bapaume et fragilise l’ensemble du dispositif allemand dans la région.

Général Marie FayollevsEmpire allemand
1916 Époque Contemporaine Indécis

Bataille de la Somme

Somme, secteur Albert – Péronne – Bapaume – Thiepval – Flers – Combles, France · Première Guerre mondiale – Front occidental

La bataille de la Somme est la plus grande opération alliée de 1916, lancée pour percer le front allemand, soulager Verdun et mettre fin à la guerre d’usure. Débutée le 1er juillet 1916 sur un front de 40 km, elle mobilise Britanniques, Canadiens, Australiens, Néo-Zélandais, Sud-Africains, Terre-Neuviens, Irlandais, Indiens, Portugais et Français. La préparation d’artillerie (1,6 million d’obus en une semaine) devait anéantir les lignes allemandes, mais échoue en grande partie. Le 1er juillet, l’armée britannique subit la pire journée de son histoire militaire (≈ 58 000 pertes en 24h), tandis que les Français, plus expérimentés, progressent davantage au sud. La bataille devient une succession d’attaques locales sur Pozières, Thiepval, Longueval, Guillemont, Flers-Courcelette (premier emploi des chars d’assaut le 15 septembre), Combles et Bapaume. Les Alliés gagnent quelques kilomètres de terrain, au prix de centaines de milliers de morts, blessés, disparus, gazés et mutilés. La Somme incarne l’horreur de la guerre industrielle, la solidarité franco-britannique et l’apprentissage tactique dans le sang. Les villages sont rasés, le paysage transformé en désert lunaire, et la mémoire collective marquée à jamais.

Général Ferdinand FochvsEmpire allemand
1918 Époque Contemporaine Indécis

Bataille de Montdidier–Noyon

Montdidier et Noyon, Somme/Oise, France · Première Guerre mondiale – Front de l’Ouest

Après avoir percé les lignes britanniques dans la Somme le 21 mars, les Allemands exploitent leur succès vers le sud. Dès le 23 mars, la 6e Armée française prend position pour protéger Amiens et empêcher la jonction entre les fronts allemands et les lignes anglaises en retrait. De violents combats éclatent autour de Montdidier et Noyon, où les Français stoppent les Allemands à un coût élevé.

Général Émile FayollevsEmpire allemand – Groupe d’armées du Kronprinz Rupprecht
1918 Époque Contemporaine Indécis

Bataille de Hangard-en-Santerre

Hangard-en-Santerre, Somme, France · Première Guerre mondiale – Front de l’Ouest

La bataille de Hangard-en-Santerre constitue une tentative franco-australienne pour enrayer la progression allemande vers Amiens, un nœud stratégique. Les Français, appuyés par les troupes du Corps australien, contre-attaquent dans le secteur de Villers-Bretonneux et Hangard. Les combats sont violents, souvent au corps-à-corps, dans un paysage détruit par les bombardements.

Général Eugène DebeneyvsEmpire allemand – Armée du Kronprinz
1918 Époque Contemporaine Victoire

Bataille de Villers-Bretonneux

Villers-Bretonneux, Somme, France · Première Guerre mondiale – Front de l’Ouest

Le 24 avril 1918, les troupes allemandes lancent un assaut massif sur Villers-Bretonneux, capturant la ville et menaçant Amiens. Dès le soir, les troupes françaises et australiennes lancent une contre-attaque audacieuse de nuit. Au matin du 25, elles reprennent le contrôle de la ville. Il s'agit du premier combat de chars contre chars de l’histoire, entre blindés britanniques Mark IV et allemands A7V.

Général Paul MaistrevsEmpire allemand – 2e armée
1918 Époque Contemporaine Victoire

Bataille d’Amiens

Amiens, Somme, France · Première Guerre mondiale – Offensive des Cent-Jours

La bataille d’Amiens marque le début de l’offensive alliée massive qui conduira à l’armistice. Coordonnée entre les forces françaises, britanniques, canadiennes et australiennes, elle surprend totalement les Allemands par son efficacité, sa rapidité et son emploi combiné de l’infanterie, de l’artillerie, des chars et de l’aviation. Le 8 août est qualifié par Ludendorff de 'jour de deuil de l’armée allemande'. Cette offensive brise le moral allemand et amorce leur repli stratégique.

Général Ferdinand FochvsEmpire allemand
1918 Époque Contemporaine Victoire

Bataille de Lihons

Lihons, Somme, France · Première Guerre mondiale – Offensive des Cent-Jours

Deux jours après l'ouverture de l'offensive d'Amiens, les forces françaises engagent un violent combat pour la reprise de Lihons, un village stratégique situé sur la ligne de crête. Les Allemands, bien retranchés dans les ruines du village et les bois alentour, résistent farouchement aux attaques. La bataille est marquée par de violents corps-à-corps, notamment autour des positions du château de Lihons et du bois de la Garenne. Après 36 heures d’affrontements acharnés, les troupes françaises réussissent à s’emparer de la localité.

Général Marie-Eugène DebeneyvsEmpire allemand
1918 Époque Contemporaine Victoire

Bataille de Roye

Roye, Somme, France · Première Guerre mondiale – Offensive des Cent-Jours

La bataille de Roye marque une nouvelle phase de l’offensive française après la prise de Lihons. Située sur un axe logistique essentiel, la ville de Roye est défendue par des troupes allemandes déterminées. L’assaut lancé par la IIIe armée française combine artillerie lourde, infanterie et chars, dans une progression méthodique à travers les lignes ennemies. Après trois jours de violents combats, la ville tombe aux mains des Français, qui consolident leur avancée vers le nord-est.

Général Marie-Eugène DebeneyvsEmpire allemand
1918 Époque Contemporaine Victoire

Bataille d’Épehy

Épehy, Somme, France · Première Guerre mondiale – Offensive des Cent-Jours

La bataille d’Épehy marque une nouvelle avancée majeure des troupes alliées, notamment des forces françaises et britanniques, dans leur progression vers la ligne Hindenburg. L’opération, bien préparée et coordonnée, permet de briser plusieurs positions avancées allemandes et de s’approcher des défenses centrales du dispositif ennemi.

Général HumbertvsEmpire allemand

Aux alentours

Classées par distance depuis le centre de la Somme , près de Amiens.

  1. 37 km à vol d'oiseau

    Bataille de Montdidier et Lassigny

    10–12 août 1918 Époque Contemporaine Oise, France

    Victoire
  2. 40 km à vol d'oiseau

    Bataille de Sailly-Saillisel

    10 octobre – 12 novembre 1916 Époque Contemporaine Sailly-Saillisel, Somme, France

    Victoire
  3. 45 km à vol d'oiseau

    Bataille de Renty

    12 août 1554 Renaissance Renty, Artois (France)

    Victoire
  4. 50 km à vol d'oiseau

    Bataille du Matz

    9 – 13 juin 1918 Époque Contemporaine Région du Matz, Oise, France

    Victoire
  5. 51 km à vol d'oiseau

    Bataille d'Arras

    21 mai 1940 Époque Contemporaine Arras, Pas-de-Calais, France

    Défaite
  6. 52 km à vol d'oiseau

    Première bataille de l’Artois

    27 septembre – 10 octobre 1914 Époque Contemporaine Artois, secteur Arras – Lens – Bapaume – Douai, France

    Indécis
  7. 58 km à vol d'oiseau

    Bataille de Mortemer

    Février 1054 (Wikipedia FR Bataille de Mortemer / Guillaume le Conquérant) Moyen Âge central Mortemer (Seine-Maritime), pays de Bray, duché de Normandie (Wikipedia FR/EN)

    Défaite
  8. 58 km à vol d'oiseau

    Première bataille de l’Artois (offensive d’hiver 1914-1915)

    17 décembre 1914 – 13 janvier 1915 Époque Contemporaine Artois, secteur Carency – Notre-Dame-de-Lorette – Roclincourt, Pas-de-Calais, France

    Indécis

Suggestion boutique

Les grandes batailles de l'histoire de France

Vincent Bernard

Un panorama des grandes batailles qui ont marqué l'histoire militaire française, du Moyen Âge à l'époque contemporaine.

Voir sur Amazon →

Lien affilié Amazon