Siège de Douai
Guerre de Succession d’Espagne · Douai, Flandre française
Résumé
Après leur victoire coûteuse à Malplaquet, les Alliés reprennent l’offensive au printemps 1710. Le siège de Douai, forteresse stratégique, dure plus de deux mois. La garnison française, bien commandée par le général Albergotti, résiste fermement malgré l’écrasante supériorité numérique ennemie. Les Alliés doivent progresser lentement sous un feu nourri. La ville finit par capituler, mais obtient des conditions honorables.
Contexte historique
Douai constitue l'un des derniers verrous du dispositif défensif français en Flandres. Sa perte fragilise la ligne de défense du Nord et permet aux Alliés d'envisager des sièges successifs en Artois. Le siège, ouvert le 22 avril 1710, est mené conjointement par le prince d'Orange et le prince d'Anhalt-Dessau contre la garnison du lieutenant-général Albergotti, retranchée dans la place et dans le fort de la Scarpe.
Tactiques
Siège méthodique par tranchées parallèles et batteries de brèche. La garnison française mène des sorties nocturnes pour détruire les travaux ennemis. La défense résiste longtemps grâce aux ouvrages de Vauban, mais cède face à l'épuisement des ressources. Du 24 mai au 4 juin, Villars tente de soulager la place et affronte Marlborough et Eugène dans la plaine de Lens, mais se retire sans engager la bataille ; le siège reprend ensuite jusqu'à la reddition du 25 juin.
Conséquences
La chute de Douai entraine un effet domino sur les places voisines. Elle affaiblit moralement les forces françaises et expose Béthune, Aire-sur-la-Lys et Saint-Venant à l'offensive. Albergotti obtient les honneurs de la guerre et évacue la place le 29 juin avec environ 4 500 hommes ; la garnison a perdu près de 3 000 hommes, tandis que les assiégeants déplorent environ 8 000 tués ou blessés.