1037 Moyen Âge central Défaite
Bar-le-Duc, Lorraine (France actuelle) · Affrontement entre forces franques et impériales pour le contrôle de la Lorraine
En novembre 1037, Eudes II de Blois tente de s’emparer de la Lorraine laissée vacante par la mort de Conrad le Jeune. Son ost, composé de Champenois, de Lorrains méridionaux et de renforts bourguignons, est intercepté près de Bar-le-Duc par les forces impériales réunies par Gothelo Ier et son frère Godfroid le Barbu. Après un engagement initial favorable aux chevaliers blésois, une contre-charge impériale menée par la cavalerie lourde lotharingienne rompt leur centre et Eudes est tué sur le champ de bataille, entraînant la dissolution de son armée. Issue : défaite française/blésoise (Eudes tué). Gothelon unissait Haute et Basse-Lotharingie depuis 1033 pour défendre face à Eudes (Wikipedia FR/EN).
1915 Époque Contemporaine Indécis
Saint-Mihiel, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Front de l’Est
La bataille de Saint-Mihiel en 1915 marque la première grande offensive française pour réduire le saillant allemand qui menace la ligne Verdun–Bar-le-Duc. Pendant plus d’un mois, les 2e et 3e armées françaises lancent une série d’attaques coordonnées, notamment autour des villages de Les Éparges, Apremont, Bois-le-Prêtre et la crête de la Calonne. Malgré d’intenses préparations d’artillerie et des assauts répétés, les défenses allemandes, retranchées sur des hauteurs boisées et des positions bétonnées, tiennent bon. Les gains territoriaux français sont minimes, arrachés au prix de lourdes pertes dans des combats de mines, de tranchées et de bois piégés. L’offensive s’épuise à la mi-juillet sans résultat stratégique décisif.
1916 Époque Contemporaine Victoire
Verdun-sur-Meuse, forts de Douaumont, Vaux, Mort-Homme, Côte 304, Fleury-devant-Douaumont, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Front occidental
La bataille de Verdun, l’une des plus longues, intenses et symboliques de la Première Guerre mondiale, débute le 21 février 1916 à l’aube par un bombardement d’artillerie allemand sans précédent : plus d’un million d’obus s’abattent sur les positions françaises du secteur nord-est de Verdun, ouvrant une brèche de 21 km de front. L’objectif allemand est double : 'saigner la France à blanc' par une bataille d’attrition et provoquer une rupture stratégique sur le front occidental. Le choc est terrible : le bois des Caures est défendu héroïquement par le colonel Driant et ses chasseurs, bientôt submergés. En quelques jours, les Allemands s’emparent du fort de Douaumont, dont la perte traumatise l’opinion. Pétain, nommé à la hâte, instaure une défense en profondeur et la rotation continue des troupes ('la noria'), évitant l’effondrement. Pendant des mois, Verdun devient un enfer : chaque village (Beaumont, Fleury, Vaux, Thiaumont), chaque crête (Mort-Homme, Côte 304) devient le théâtre d’assauts, de pilonnages d’artillerie et de combats à la grenade. Le fort de Vaux tombe en juin après une résistance héroïque du commandant Raynal et de sa garnison, tandis que l’été marque l’apogée de la lutte pour les collines et les ravins. L’arrivée de Nivelle à l’automne et la mobilisation massive d’artillerie et de troupes permettent de reprendre Douaumont, Vaux et la quasi-totalité du terrain perdu. Verdun est sauvée, mais au prix de pertes humaines et psychologiques inouïes. La ville, les villages, la forêt de Verdun sont anéantis, le secteur transformé en 'terre morte', lunaire et stérile. Le nom de Verdun devient un mythe, synonyme de résistance, de sacrifice et d’union nationale.
1916 Époque Contemporaine Défaite
Mort-Homme, Côte 304, rive gauche de la Meuse, secteur Verdun, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Bataille de Verdun (opérations rive gauche)
Après l'échec de la percée sur la rive droite, le commandement allemand attaque la rive gauche de la Meuse pour prendre Verdun à revers : les hauteurs du Mort-Homme et de la Côte 304 portent l'artillerie française qui bat le flanc de son avance. Les assauts commencent le 6 mars 1916. La Côte 304 repousse une première attaque le 23 mars, une seconde le 9 avril, puis tombe le 6 mai après trente-six heures de bombardement et un corps-à-corps acharné. Le sommet sud du Mort-Homme, la cote 295, est emporté le 24 mai. Les deux positions restent allemandes ; les Français ne les reprennent que le 20 août 1917. L'avance s'arrête toutefois loin de Verdun, dont l'encerclement échoue.
1916 Époque Contemporaine Défaite
Fort de Vaux, secteur Verdun, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Bataille de Verdun
La bataille du Fort de Vaux est l’un des épisodes les plus héroïques de Verdun. Du 2 au 7 juin 1916, la petite garnison commandée par le commandant Raynal résiste, coupée de tout ravitaillement, à des assauts massifs allemands sur et dans le fort. Après des bombardements terrifiants, l’infanterie allemande parvient à s’infiltrer dans les galeries et à combattre les défenseurs au lance-flammes, à la grenade et à la baïonnette, dans l’obscurité et la puanteur des boyaux. Les Français, encerclés, privés d’eau, épuisés, continuent de se battre pendant six jours, communiquant par pigeons voyageurs et signaux de fortune. La résistance prend fin uniquement lorsque la garnison, mourant de soif, n’a plus la force de continuer : Raynal remet son épée au général von Guretzky, salué par l’ennemi pour sa bravoure. Le fort ne tombera plus jamais durant la guerre et Raynal devient un symbole national de l’endurance française.
1916 Époque Contemporaine Indécis
Ouvrage de Thiaumont, Verdun, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Bataille de Verdun
Les combats de Thiaumont, centrés sur un ouvrage fortifié de la ceinture de Verdun, illustrent la guerre d’usure poussée à son paroxysme. Le réduit de Thiaumont, position stratégique entre Fleury et Douaumont, change de mains à plusieurs reprises dans un déluge d’artillerie et de boue. Les conditions sont inhumaines : abris détruits, hommes ensevelis vivants, attaques à la grenade dans des cratères. Malgré les offensives successives des deux camps, aucun ne parvient à conserver durablement le contrôle du secteur.
1916 Époque Contemporaine Victoire
Fleury-devant-Douaumont, secteur Verdun, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Bataille de Verdun
La bataille de Fleury-devant-Douaumont est l’un des épisodes les plus acharnés et symboliques de Verdun. Du 23 juin au 18 août 1916, le village de Fleury et ses abords deviennent le théâtre d’affrontements d’une violence extrême : pris et repris 16 fois, Fleury n’est plus qu’un amas de ruines, balayé par l’artillerie et les assauts d’infanterie. Les Allemands tentent à plusieurs reprises de percer en direction de Verdun même, utilisant la puissance de feu et des troupes d’élite, mais se heurtent à la défense obstinée des poilus, appuyés par l’artillerie et des contre-attaques de Mangin. Les combats se déroulent dans un chaos de débris, de poussière et de gaz. Le village de Fleury disparaît littéralement du paysage, transformé en 'village mort pour la France', dont il ne reste que la mémoire et quelques vestiges.
1916 Époque Contemporaine Victoire
Fort de Douaumont, Verdun, Meuse, France · Première Guerre mondiale – Bataille de Verdun
Le fort de Douaumont, perdu par les Français en février 1916 sans combat, devient l’objectif symbolique et stratégique d’une vaste contre-offensive à l’automne. Sous le commandement du général Mangin, les troupes françaises déclenchent une attaque massive, soutenue par une artillerie rénovée et des techniques nouvelles. Après plusieurs jours de combats acharnés et de bombardements ininterrompus, les soldats français parviennent à reprendre le fort le 24 octobre 1916. Ce succès marque un tournant dans la bataille de Verdun.
1916 Époque Contemporaine Indécis
Verdun et Somme, France · Première Guerre mondiale – Front de l’Ouest
Pour la première fois, l’aviation française mène des opérations coordonnées à grande échelle lors des batailles de Verdun et de la Somme. Ces affrontements marquent l'émergence d’une guerre aérienne structurée, mêlant reconnaissance, chasse, et bombardement. Des escadrilles spécialisées sont créées, et des as comme Guynemer et Nungesser se distinguent. Malgré des pertes élevées, la supériorité aérienne française est globalement maintenue.
1918 Époque Contemporaine Victoire
Meuse, Argonne, France · Première Guerre mondiale
L'offensive Meuse-Argonne fut la dernière opération d'envergure de la Première Guerre mondiale, conduite principalement par les forces américaines, mais avec une importante participation française, notamment de la 4e armée du général Gouraud. Elle visait à percer la ligne Hindenburg dans la région boisée de l'Argonne et à couper les principales voies de ravitaillement allemandes à l'est de Verdun.