Siège et bataille de Toulon
Guerre de Succession d’Espagne · Toulon, Provence (France)
Résumé
Après sa victoire à Turin, le prince Eugène lance une audacieuse offensive contre Toulon, principal arsenal naval français en Méditerranée. Il coordonne ses forces terrestres avec la flotte anglo-hollandaise. Le comte de Toulouse ordonne le sabordage partiel de la flotte pour éviter sa capture. Le maréchal de Tessé organise une défense acharnée sur les hauteurs de la ville et les redoutes de l’arrière-pays. La supériorité du terrain défensif et la maladie dans les rangs impériaux forcent Eugène à lever le siège.
Contexte historique
La chute de Toulon aurait offert à la coalition un port de guerre en France même, un coup symbolique et logistique majeur. La France mobilise toutes ses forces locales et régionales pour éviter cette catastrophe.
Tactiques
Position défensive en profondeur, utilisation du relief (Mont Faron, redoutes de l'arrière), artillerie de côte bien positionnée. Le sabordage partiel des vaisseaux français empêche leur capture. Eugène échoue à coordonner un encerclement complet. L'attaque commence le 29 juillet ; les Impériaux s'emparent de la hauteur de Sainte-Catherine le 30 juillet, mais les régiments de Tessé et de La Marine reprennent ces positions cruciales les 14 et 15 août, puis le fort Sainte-Catherine.
Conséquences
Toulon est sauvée, la flotte française conservée malgré les sabordages. La Provence reste hors de portée ennemie. Le moral français remonte, et l'Italie est sécurisée à l'ouest. La tentative de prise de Toulon coûte environ 10 000 hommes à Eugène de Savoie ; sur ordre de Versailles, l'escadre est coulée droite sur le fond pour obstruer le port plutôt qu'incendiée, et la plupart des navires seront renfloués après le siège. La flotte de l'amiral Shovell sera victime du désastre naval des Sorlingues.